ZICAZINE :: KAHARO
KAHARO print
Ecrit par Fred Delforge  
vendredi, 14 janvier 2011
 

Pépé Romano
(Autoproduction – 2010) 
Durée 32’45 – 12 Titres

http://www.myspace.com/kaharo1 

Chanteuse, peintre et comédienne, Caroline Crozat est devenue il y a une dizaine d’années un des piliers du groupe de rock progressif français Ange au sein duquel elle donne la réplique de fort belle manière au charismatique créateur Christian Décamps mais aussi à son génial rejeton Tristan … Mais outre ces activités déjà prenantes, c’est avec son propre groupe baptisé Kaharo qu’elle propose sa musique avec à sa discographie personnelle trois lignes de plus ajoutées en 1999, 2003 et 2006, trois albums qu’elle complète aujourd’hui par un nouvel effort qui emmène l’auditeur dans un monde qui n’appartient qu’à elle, un monde où sa voix et ses guitares sont parfois complétées par celles de David Doré, de Jean-Pascal Boffo ou de Mell Turbo et où les parties rythmiques sont assurées par Stéphane Monbel à la basse et au ukulélé et par Simon Poncet à la batterie et aux percussions. Produit et réalisé au fameux Studio Amper durant l’été 2010, « Pépé Romano » est un creuset dans lequel bouillonnent des tonnes d’influences …

Passer du rock progressif à la chanson française et des accents latins aux sonorités punk très anglo-saxonnes, il faut au moins avoir une personnalité aussi originale que celle de Caroline pour y parvenir, d’autant que c’est en usant d’une écriture totalement libre et débridée qu’elle se fend de titres tour à tour voire parfois en même temps drôles, lucides, lubriques et même carrément insolents. Brusquer pour mieux séduire, c’est une recette éprouvée que Kaharo a choisi de reprendre à son compte et c’est en caressant son public à rebrousse poil que le groupe y parvient à chaque fois, Caroline se transformant selon son humeur en diva, en muse, en sirène ou en diablesse pour mieux surprendre et convaincre. Insaisissable, improbable voire même de temps à autres carrément incompréhensible, l’album nous transporte exactement là où il veut en nous imposant ses propres escales au beau milieu de nulle part pour des titres comme « Le séducteur », « Sniper », « Give Me More » ou encore « Tournevis », des pièces de collection empreintes d’un mélange de raison et de déraison dosé avec tellement d’ingéniosité que l’on finit à chaque fois par les aimer. On ne saurait se quitter sans un dernier brûlot assassin, « Bonus », aussi soigné au niveau d’une écriture sans la moindre retenue qu’à celui d’un jeu plein de vivacité et de tension, une œuvre digne des plus belles chansons irrévérencieuses que l’on mettra sans hésiter sur le même rang que le « God Save The Queen » des Pistols, la « Marseillaise » en reggae de Gainsbourg ou encore le « Déserteur » de Boris Vian … Difficile de ne pas adorer !

 

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