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Ecrit par Fred Delforge  
dimanche, 10 juin 2012
 

White out
(Les Disques Normal – Believe – 2012)
Durée 29’56 – 9 Titres

http://soundcloud.com/polder_1
http://www.lesdisquesnormal.com

Une dizaine d’années passées à se façonner un style musical très personnel et une identité visuelle en forme de paysage auront permis à Polder de se faire remarquer non seulement à la scène mais aussi en studio puisque leur maxi de seulement cinq titres publié en 2007, « This Tree Won’t Bear Fruit For 3 Years », avait été à l’époque chaleureusement accueilli par les médias et leur avait également ouvert les portes de leur label actuel, Les Disques Normal. Issus d’horizons diamétralement opposés, le guitariste et chanteur Thomas Seron et le bassiste claviériste Pascal Lapeyre ont su accommoder toutes leurs différences et c’est en invitant Matthieu Lebrun aux saxophones et Paul Magne aux percussions mais aussi Delphine Sartore aux voix qu’ils nous dévoilent un album anglophone qui succède à deux années passées à la création d’un spectacle où musique, théâtre et vidéo étaient omniprésents … Presque arrivé à rebrousse-poil, « White Out » n’est pas une suite, pas un prolongement, mais simplement un nouveau départ !    

Le style est hybride et associe avec une certaine inspiration la pop délicate et soignée avec un rock moins facile d’approche, la technique de l’un avec la spontanéité de l’autre, mais c’est pourtant toujours dans un domaine fait d’expérimentations et de recherche sonore que Polder nous emmène, virant parfois à angle droit pour adopter des cachets pratiquement free jazz et revenant l’instant d’après du côté de références plus traditionnelles comme Sonic Youth ou Kat Onoma. Derrière son côté insaisissable, « White Out » cache toutefois un sens très terre à terre de la mélodie et nous réserve même de véritables chansons gorgées de folk, des titres comme « Swim » ou « Neil » par exemple qui ne renoncent pas à nous emmener vers des atmosphères très américaines alors que des pièces comme « Ophelia » ou « Feeler » se veulent pour leur part plus européennes dans l’âme. Les plus mélomanes se régaleront d’un final instrumental aux saveurs entre post rock et jazz, une « Baltic Sea » tellement bleue et profonde que l’on ne serait pas surpris si à un moment ou à un autre on y voyait nager quelques sirènes. Si son nom évoque les étendues de terre qui ont pris le dessus sur la mer, Polder n’en oublie pas pour autant que les éléments décident toujours d’eux-mêmes où ils acceptent d’aller et le groupe garde du même coup à l’esprit que le plus important dans sa musique, c’est indiscutablement la ligne d’horizon qu’elle laisse entrevoir … On aime !