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COUTIN pdf print E-mail
Ecrit par Fred Delforge  
mardi, 05 juin 2012
 

Babylone panic
(Louise Music – Absilone – 2012) 
Durée 40’26 – 10 Titres

http://www.coutin.net 

Personne n’a vraiment oublié ce mec un peu bizarre qui criait en 1980 à qui voulait l’entendre, voire même à ceux qui ne le voulaient pas vraiment, qu’il aimait regarder les filles qui dansent sur la plage … Un single improbable dont personne ne voulait à l’époque dans les maisons de disques mais qui à ce jour s’est écoulé quand même à plus d’un million de copies ! Depuis ce temps, Coutin est reparti non pas aux oubliettes mais dans un milieu que l’on taxe d’underground, assumant son style et son allure décalée et balançant quand même dans les bacs pas moins de huit albums, dont un enregistré avec Dan Ar Braz et les musiciens de Jacques Higelin, se fendant également de prestations acclamées aux Francos ou au Printemps de Bourges, collaborant avec Les Wampas et avec Dick Rivers, se faisant remixer par Bob Sinclar et atteignant lentement mais sûrement la soixantaine, l’âge idéal pour proposer un neuvième album enregistré avec François Bodin aux guitares, Gilles Michel à la basse et Eric Lafont à la batterie. Pour cet énergumène qui a acheté sa première guitare en 1969, le ton se devait d’être blues et rock … Voilà qui est fait avec « Babylon Panic » ! 

Après avoir traversé quelques décennies majeures dans l’histoire de la musique, Coutin dispose de suffisamment de repères pour pouvoir proposer des chansons non seulement diversifiées mais aussi et surtout totalement empreintes de son vécu travaillé à force de standards nord-américains, de relents punks et de colorations rock garage en tous genres. A la croisée des Clash et de Muddy Waters avec en prime des cachets qui rappellent en vrac les Stones, les Stooges, les Ramones et les Pistols, Coutin reste ce mec un tantinet irrévérencieux dans ses textes voire carrément pas fréquentable, ce type qui crache son humeur dans un micro en se laissant porter par des guitares elles non plus pas toujours très propres sur elles … Et pourtant, elle ne manque pas de bonnes choses sa nouvelle livraison, une déflagration de dix titres aux riffs tantôt tracés au canif, tantôt plus recherchés, un florilège de voix en colère et de voix touchantes posées là à la va comme j’te pousse mais avec une telle sincérité que l’on ne cherche pas à savoir si c’est juste ou si c’est faux, se contentant de se dire que c’est Coutin et que ce n’est déjà pas si mal ! De Iggy à Dylan, on se promène au travers de « Mets la gomme » et de « La grande ville », on découvre « Le rat des villes » et le « Grand méchant loup », on sent venir « La crise » et tant mieux « Si ça te va bien » car c’est ainsi que se veut le Coutin cuvée 2012, ni pire ni meilleur qu’avant mais avec encore et toujours la même envie qui le pousse à proposer des albums au charme un peu particulier. C’est sans doute ce qui fait que trente ans après son premier succès, il est encore actif, et pas qu’un peu !