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LOU DEMONTIS à VERSAILLES (78) pdf print E-mail
Ecrit par Fred Delforge  
mercredi, 09 mai 2012
 

LOU DEMONTIS
ROYALE FACTORY – VERSAILLES (78)
Le 7 mai 2012 

http://loudemontis.com/ 
http://www.royalefactory.fr/  

Un concert à Royale Factory, ça ne se refuse pas, surtout quand on sait que l’on retrouva sur scène quelques fines gâchettes et néanmoins amis comme il y en aura ce soir au programme ! D’ailleurs, le public ne s’y est pas trompé puisque la superbe salle de la Rue Jean Houdon, en plein cœur du Versailles historique, fourmille de spectateurs qui avant le début du concert aspirent à se restaurer ou plus simplement à se désaltérer avec tant de persuasion que derrière le bar et en cuisines, ça travaille à flux tendu. Le temps de saluer les artistes mais aussi une batterie conséquente de photographes et les festivités ne tarderont plus à commencer … Pour les douceurs de la terre, ça sera donc une autre fois. Dommage ! 
 
Pas facile d’essuyer les plâtres quand on est un duo qui manque encore un peu de pratique, et pourtant Acoustix, cette formation au nom qui fait forcément penser un petit village gaulois enfermé au beau milieu des garnisons électriques actuelles, ne va manquer ni d’inspiration ni d’envie et va nous faire partager quelques titres que l’on a plus ou peu l’habitude d’entendre sur scène de nos jours. Un départ presque classique avec le « Mystery Train » du King nous fait rapidement passer du côté de « Rawhide » dans une version très Blues Brothers, les canettes qui volent en moins, Versailles sait se tenir, puis vers des chansons interprétées avec une certaine fraîcheur et beaucoup d’humour, des titres empruntés à Clint Eastwood, Dean Martin, Johnny Cash, Eddie Cochran ou encore JJ Cale dont Aucoustix interprètera le « Cocaïne » dans la superbe version française de Christophe Marquilly.

Un final emprunté à Ray Charles avec « What’d I Say » pour terminer de mettre le feu à une salle où l’on compte nombre d’amis et de fans (déjà !) du duo et voilà Acoustix avec une première prestation prometteuse pour la suite, les deux guitaristes ayant réussi à remplir la mission qui leur avait été confiée aujourd’hui, à savoir d’une part réveiller une assistance qui digère tout en lui faisant passer un bon moment de l’autre. Deux guitares, deux voix et beaucoup d’idée, il n’en fallait pas plus pou y arriver !

Lou Demontis n’est pas un débutant, ceux qui se souviennent de son passé qui l’avait emmené signer avec Ciné Palace chez Philips et donner de prestigieux concerts du côté de L’Olympia, du Palais des Sports, du Golf Drouot ou encore du Gibus avant d’émigrer de l’autre côté de la Manche au milieu des eighties ne peuvent pas l’oublier ! Revenu après deux décennies londoniennes, ce fan de Springsteen et de Dylan mais aussi plus simplement de rock n’a lâché ni sa guitare, ni son micro, ni même son envie d’écriture qui le pousse à créer encore et toujours des chansons, mais en Anglais maintenant, lui qui était pourtant à l’origine un de ces rockers qui chantaient dans la langue de Brassens dans un pays trop borné pour apprécier l’effort … 

Avec dans sa besace l’excellent « On The Avenue », son dernier opus en date, Lou Demontis va s’attacher ce soir à nous offrir une prestation en quintet avec derrière lui une section rythmique où les vieux de la vieille auront forcément reconnu Thierry Dutru derrière les gamelles mais aussi avec Nicolas Bazin à la basse, avec un jeune et brillant pianiste / organiste, Clément Prioul et, last but not least, avec l’excellent Gilles Le Moyn qui pose sa Les Paul Standard dans les pas de la Telecaster du frontman avec une certaine classe, signant au passage quelques effets de style et arrangements pas piqués des vers ! 

Une belle chemise bleue pour Lou, une veste à la Sergent Pepper pour Gilles, il a de l’allure le devant de la scène et il ne se prive pas de nous envoyer son blues rock en plein dans les dents avec d’entrée de jeu quelques belles choses comme « Again », « Heart A Fool » ou encore le tittle track de l’album qui a le mérite de bien donner le ton de la soirée. Le groupe n’a pas mis de temps à être non seulement chaud mais également en place et on voit bien qu’il prend un pied fou sur scène. Un peu bavard sur les bords, Lou Demontis explique ses morceaux, échange quelques mots amicaux avec la salle … Décontracté, mais toujours efficace ! Et quand il chante, ça sonne … 

On continue sur la lancée avec entre autres « Angel & Wine », « The End Of The Road », « The Highway » ou « Nothing Like Home » avec de temps en temps un clin d’œil vers les modèles, et non des moindres puisque le quintet nous balance sans sourciller une excellente adaptation de « Come Together » plutôt bien appréciée par un public de connaisseurs ! Mais Lou Demontis a un album à défendre et il le fait avec professionnalisme, d’autant qu’il a le plaisir d’annoncer ce soir à son public qu’il vient de décrocher une distribution nationale en version physique avec Quart de Lune / Socadisc et une distribution mondiale en version dématérialisée avec à la clef moult showcase et opérations promotionnelles … Une récompense plus que méritée pour une rondelle qui le vaut bien ! 

Alors du coup on continue avec des « Poor Little Me », des « Hear Me Pray » et des « Shine On » qui fatalement nous font glisser vers la fin du set sur fond de notes habiles et de rimes toujours puisées dans des expériences vécues, parfois heureuses, parfois plus douloureuses. Le groupe quitte bientôt la scène mais Gilles ne saurait s’y résoudre et se plante au micro pour rappeler le boss ! Tiens, ça fait un point commun de plus avec Springsteen ça, déjà que le style utilisé et la Telecaster posée à l’envers avec une certaine nonchalance sur la cuisse droite n’avaient laissé personne dupe … Du coup on y retourne, mais en démarrant en aveugle depuis l’arrière de la scène et en balançant des standards avec pour commencer le « Rocking In A Free World » de Neil Young et pour plier définitivement le concert une relecture intéressante du « Don’t Think Twice, It’s All Right » de Bob Dylan. Magique ! 

Royale Factory se prête de bonne grâce au jeu des poignées de mains, des félicitations et des dédicaces en tous genres et la salle met quelques temps à se vider, Acoustix recevant lui aussi son lot de compliments pendant que du côté de la team Demontis, on remballe le matériel. Si l’on en juge par les visages réjouis, que ce soit côté public, côté groupes et côté organisateurs, on est en droit de se dire que tout le monde sans exception a passé une très bonne soirée ! Il faut dire qu’à Royale Factory, le son parfait et les lights avantageux combinés à des sièges dépareillés mais confortables et à une esthétique soignée aident parfaitement à se mettre dans des conditions optimales … Vous ne connaissez pas encore ? 

Fred Delforge – mai 2012