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KORITNI à COLMAR (68) pdf print E-mail
Ecrit par Cathie Wetzstein  
Tuesday, 08 May 2012
 

THE LOADJACK – HEAVYNESSIAH – KORITNI 
LE GRILLEN – COLMAR (68)
Le 5 avril 2012 

http://www.koritni.com/ 
http://www.myspace.com/heavynessiah 
http://www.michallojak.com 
http://www.music-for-ever.fr 
http://www.grillen.fr/ 

C'est parti pour une soirée 100% rock, organisée par Music For Ever. Les trois groupes qui se produisent vont mettre le feu au Grillen. On en a bien besoin, les températures extérieures ne sont pas très élevées.

Première prestation, The Loadjack, un groupe originaire de la région mulhousienne. Créé en 2010 par Michal Lojak (chant et lead guitar) et Steve Vogt (batterie), rejoint bientôt par Nicolas Zimmermann (basse), Paul Ringele (guitare) et Julien Vogt (claviers), le combo aligne des titres originaux fondés sur les projets de Michal qui compose depuis 2007. Les morceaux sont retravaillés, chacun y rajoutant sa touche personnelle. Après quelques concerts donnés dans la région, The Loadjack remporte le 1er prix lors du 3ème tremplin Zikocaf' se déroulant au Caf'Conc d'Ensisheim, qui offre de jouer en première partie de Koritni avec Heavynessiah.

Le concert débute sur une intro des plus surprenantes, aux couleurs typiquement locales. Se serait-on trompé de concert ?! Bien sur que non, The Loadjack arrive en force avec "Make a Love with You". Suit une reprise de Steppenwolf, "Born to be Wild", repris en chœur par toute l'assemblée, talonné par "Traitor" aux accents fortement sudistes qui fait quelque peu retomber la pression, puis "Jesus Will Come Down" et "In the Name of Love" qui relancent la machine. Les cinq compères chauffent l'atmosphère avec brio, nous balançant un hard rock de la vieille école aux riffs acérés, soutenus par une rythmique énergique. Les Loadjack assurent un set d'une demi-heure, alignant compos fortement influencées par leurs glorieux aînés dont une balade torturée "You Love me" et "I Want the Rock" qui annonce la fin de cette prestation. Challenge réussi pour ce groupe qui fait ici sa première grande scène et délivre un rock efficace qui ravit un public ayant fait le déplacement afin de soutenir ses groupes locaux.

Changement de rythme. On reste dans le rock, mais un rock un tantinet plus agressif. Tout comme Loadjack, Heavynessiah est issu de la scène mulhousienne. Formé en 2002, le line-up est constitué d'Emmanuel Taffarelli au chant, Guillaume "Will" Hesse à la lead-guitar, Bruno Vlesik à la guitare rythmique, Pascal Husser à la basse et David Weck à la batterie. Fort d'un premier album sorti en 2005, Heavynessiah revient en force avec un nouvel opus, "Colours of Night", qui sortira dans les bacs ce vendredi 13, n'en déplaise aux superstitieux.

Heavynessiah déboule sur scène, nous assénant son heavy métal mélodique dans un show énergique d'une quarantaine de minutes. Le son, pas terrible au départ, va s'ajuster et s'affiner pour laisser plus de place au chant puissant et rageur d'Emmanuel. Alternance de rythmes et enthousiasme sont au rendez-vous, l'artillerie lourde est sortie et le pilonnage en règle débute avec "Last Sign", suivi de "Glimpse of Darkness", tirés du dernier album. Les fûts souffrent sous la pression des baguettes de David dont la frappe vigoureuse est sans concession, aidé par la basse de Pascal qui finit d'asseoir une rythmique solide. Les guitares balancent riffs ravageurs et solos endiablés. Un peu moins d'une dizaine de titres dans ce set résolument métal avec entre autres "Atlantis", invitation à la recherche de la cité perdue de l'Atlantide, "War", un inédit joué ce soir pour la première fois, le très dynamique "The Beast will Cry" et pour conclure, un "Old but Rock'N'Roll", le tout nous emportant dans une déferlante de notes accrocheuses.

Petite pause bien méritée le temps de faire place nette pour le dernier groupe de la soirée. Tout le monde a eu chaud, un rinçage de gosiers avec une bonne rasade du breuvage des dieux alsacien est nécessaire avant d'entamer la dernière ligne droite, j'ai nommé Koritni, un groupe franco-australien qui monte et fait son bonhomme de chemin sur les scènes internationales et françaises. Avec plusieurs albums à son actif, il nous gratifie tout récemment d'un dernier opus, "Welcome to the Crossroads", dont nous allons pouvoir découvrir partiellement le contenu en live. Je dois d'ailleurs avouer que Koritni, je ne connaissais que de nom … Je m'attendais à tomber sur un de ces groupes trash-death, etc., le truc bourrin par excellence … Bref, tout ce que mes oreilles insupportent au plus haut point. J'ai longtemps hésité avant de me lancer dans cette aventure mais la prise de risques n'était pas très importante. Au pire, je pouvais m'enfuir en courant très vite, au mieux, je passais un très bon moment. Je ne me suis fiée qu'aux échos entendus de-ci de-là et moi qui suis habituellement curieuse, je n'ai pas voulu savoir de quoi il en retournait et je décidais de me laisser surprendre. Eh ben les gens, vous me croirez certainement si je vous dis que je me suis pris une claque monumentale !!! 

Cinq jeunes gens investissent la scène du Grillen, courant, volant, bondissant comme des kangourous (il fallait que je la sorte, l'Australie n'est-elle pas à l'honneur ce soir ?!). Lex Koritni, l'imposant leader charismatique à la voix puissante et éraillée, guitare en bandoulière, mène le show de main de maître et nous sert des plans en slide sur "Down at the Crossroads", qui ouvre une longue série de titres décochés à une allure d'enfer. "Dirty Letter", "Game of Fools" et ses sonorités Acédéciennes, "Party's Over" teinté de guitares funky sont enchainés sans aucun temps mort. Les premières notes se font entendre, me voilà rassurée et surtout séduite. Koritni, c'est tout ce que j'aime. Un hard rock qui puise ses racines dans le blues, un prolongement de la mouvance rock des années 70/80. Des guitares musclées et mélodieuses conduites par Eddy Santacreu et Manu Livertout (qui remplace Luke Cuerden sur cette tournée), une ligne de basse impeccable et énergique servie par Dean Matt Hunter et une batterie explosive tenue par Chris Brown. 

Lex nous laisse souffler un instant, nous disant le plaisir du groupe de se retrouver parmi nous ce soir. Très court moment de répit, c'est reparti de plus belle avec "Better off Dead" au refrain lourd et accrocheur, "155" et son intro de basse, le sublime "Lost for Words" qui devrait faire un tabac sur les radios FM et "Got to Get you Into my Life", reprise des Beatles, pour ne citer que ces morceaux. La set-list est plutôt bien fournie et passe en revue toute la discographie du quintet, pour notre plus grand bonheur.

Nos oreilles se régalent de toute cette variété de sons, nos yeux s'émerveillent devant la vitalité des cinq compères montés sur ressorts qui parcourent la scène de long en large. Une belle cohésion scénique lie les différents membres de la formation, ce qui assure un visuel du plus bel effet lorsque ceux-ci se rejoignent et prennent la pause. Ils se donnent à fond et installent avec le public une grande complicité, l'encourageant ainsi à participer activement au show. 

Voilà que Lex se laisse aller à une petite confidence, et ce dans un français presque parfait : "Je parle Français un petit peu maintenant … Oui, c'est nécessaire … J'habite en France. Ma femme, elle est française" … C'est reparti avec "Emotional Audit", "Highway Dream" et "Keep me Breathing" au groove invitant à se bouger le popotin. La vague musicale qui emplit la salle nous cloue au sol. Des beuglements se font entendre, Lex a l'air intrigué et lance : "We've got some vache in the audience", mélangeant anglais et français … Eh non, ce n'est pas un troupeau de bovins qui s'est introduit ici, mais simplement un spectateur heureux de se retrouver dans ce déferlement d'accords rock'n'roll et qui le clame haut et fort ! 

Le majestueux blues rock "I Wanna Know" prend le relais, faisant frissonner une assistance comblée. Le Grillen est en ébullition, la température monte de quelques degrés. Lex harangue le public en lui jetant un furieux "Are you ready to go crazy ?". Fous, nous le sommes depuis un bon moment. "Let's go Crazy", "Let it Go" et "Under the Overpass" nous sont assénés dans une avalanche de rythmes bourrés d'adrénaline et d'envolées guitaristiques de toute beauté. 

Le show tire vers la fin, les garçons n'ont pas démérité et ont mouillé la chemise, faisant monter la pression morceau après morceau. La tornade Koritni a pris forme sous nos yeux, balayant tout sur son passage à grands coups de riffs mordants et incisifs, de solos intenses et dévastateurs soutenus par une rythmique qui finit de mettre à terre ce qui reste debout. Les Koritni quittent la scène sous une pluie d'applaudissements, pour mieux revenir avec "Nobody's Home" pêchu en diable et l'ultime "Heaven Again" et son mid-tempo.

Voilà … c'est fini ! En ce qui concerne le concert car les Koritni rejoignent bientôt la salle et se mêlent au public, se prêtant sans se faire prier au jeu des photos et autographes. Je n'en reviens pas … L'impression d'avoir passé plus de deux heures avec cet excellent groupe, confirmée par une set-list de vingt titres … Et pourtant, au final, la prestation aura duré moins d'une heure trente. La performance de ce remarquable band a marqué les esprits et fait pétiller les yeux des quelques deux cents personnes présentes ce soir.

Quant à moi, je vais retrouver Koritni avec un plaisir non dissimulé en juin pour deux dates, et non des moindres !

Cathie Wetzstein – avril 2012