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ULI JON ROTH à COLMAR (68) pdf print E-mail
Ecrit par Cathie Wetzstein  
lundi, 30 avril 2012
 

PAT O'MAY – PAT MCMANUS – ULI JON ROTH 
LE GRILLEN - COLMAR (68)
Le 29 mars 2012 

http://www.patomay.com 
http://www.patmcmanus.co.uk 
http://www.myspace.com/patmcmanus 
http://www.ulijonroth.com/ 
http://www.myspace.com/ulijonroth 
http://www.music-for-ever.fr 
http://www.grillen.fr/ 

C'est parti pour Le Grillen de Colmar qui propose ce soir une affiche franco-irlando-germanique orchestrée par Music For Ever. Au programme, Pat O'May, le Pat McManus Band et Uli Jon Roth … pour une soirée où les guitares sont reines et particulièrement bien mises à l'honneur. Pat O'May et son band ouvrent le bal à gros coups de riffs puissants et mélodieux. Ils sont tout sourire et visiblement ravis de se retrouver parmi nous. J'ai découvert Pat O'May et ses compères l'année dernière au Caf'Conc d'Ensisheim. Ces gars sont d'une simplicité et d'une gentillesse extraordinaire. Ils prennent beaucoup de plaisir à jouer et en donnent énormément… Et ce soir, ils disposent de quarante minutes pour convaincre un public qui ne les connaît pas, le groupe n'ayant pas été annoncé (je vais me faire un plaisir de leur faire un peu de pub auprès de ceux qui me demandent qui ils sont) … Les premières minutes suffisent au public afin de se forger une opinion, au demeurant très favorable vu sa participation active tout au long de ce concert. Pat présente les musiciens qui l'accompagnent, Louis Soler à la guitare, Hilaire Rama à la basse et Fred Moreau à la batterie. 

Les premières notes s'envolent sur "Breizh Land" et nous emportent dans une orgie d'accords et solos heavy à connotations celtiques, un rock qui arrache le bitume. Cette fusion du métal à de la musique traditionnelle est un véritable régal. Suivent "Pleasure Palace" et ses accords métalliques orientalisés, "Watch Out" et "Hortefire" à l'énergie débordante, "Surrender", "Wind" et "Overlord" nous offrant un voyage sur un océan de sérénité et de force, le tout servi par des guitares tantôt agressives, tantôt séductrices et chantantes, soutenues par une basse/batterie énergique. Le combo alterne morceaux pêchus et titres planants faisant monter ou baisser la pression. Le feeling dégagé par le quatuor ne laisse personne indifférent. Pari réussi pour le band, au sommet de son art … Le public est conquis et salue cette prestation par des applaudissements nourris, il en redemande …

Mais le timing étant ce qu'il est, c'est au tour du Pat McManus Band de monter sur scène. Et ô surprise, le line-up a changé. Pat McManus est bien sur toujours présent, ainsi que Paul Faloon (batterie), mais Gordon Sheridan (basse) a été remplacé par Marty McDermott. Les irlandais démarrent leur set avec "Danger Zone", suivi de "The Riddle" et "Ready To Rock", tous trois issus du dernier album du PMB. Ayant déjà couvert un concert du PMB il y a peu et au risque de me répéter, ce band est excellent. Il nous délivre une musique joyeuse, dynamique et débordante de feeling. 

Le son est puissant, les titres sont assénés à grands renforts de rythmiques énergiques et d'accords magiques. Le trio irlandais arbore un sourire quasi permanent et le lien établi avec le public est toujours aussi fort. Le show respire la joie, la bonne humeur et une présence scénique toujours plus affirmée. Le PMB nous sert un set d'une heure composé d'une dizaine de titres alternant rock et ballade, soulignés de magnifiques accents traditionnels irlandais. "Juggernaut" sur lequel la guitare sonne comme un violon, "Runaway Dreams" et son superbe solo de violon, l'hommage à Rory Gallagher avec "Out on the Western Plain" talonné par "Walking in the Shadows of Giants". Le set tire à sa fin mais la fête n'est pas finie. Pat a plus d'un tour dans sa guitare et nous fait un beau cadeau avec un titre inédit "Belfast Boy", titre qu'il a composé en hommage à Gary Moore et qu'il dédicace également au public présent lors de la tournée de 1985. C'est sur "Needle in the Groove" que le power trio achève ce gig, cédant la place à Uli Jon Roth.

Après la 6 cordes, la 7 cordes est à l'honneur avec Uli Jon Roth. Et c’est encore une première pour moi. Uli est secondé par Niklas Turmann à la guitare rythmique et épaulé par la basse de Ule W. Ritgen et la batterie de Michael Ehre. Le quatuor arrive sur scène et débute le set avec "Sky Overture", une superbe intro musicale. Le son est très fort, à la limite de la saturation, mais les oreilles s'acclimatent très rapidement. Ce set va refléter les moments forts qui ont jalonné la carrière musicale d'UJ Roth et ses influences majeures, se composant en trois parties. La première aborde sa période solo et "Electric Sun", avec "Day Late and a Dollar Shot", le magnifique "Firewind" et "Electric Sun". Un déferlement de notes envoûtantes, un raz de marée d'accords ravageurs nous tombe dessus, électrisant tout sur son passage. La guitare d'Uli semble être un prolongement de son être et prend vie sous ses doigts agiles. Il la fait chanter, pleurer et hurler. La passion qu'il éprouve pour son instrument se propage dans toute la salle et atteint le public en plein cœur.
 
Le show est interrompu par un problème technique. La peau de la grosse caisse a cédé sous la pression des coups assénés par Michael… "At the moment, I think our drum has just broken", dixit Uli. Soit, en attendant que Michael change la peau, Uli va partir dans un délire électro-acoustique de toute beauté et taper la discute en Allemand avec le public. Tout est rentré dans l'ordre et le combo s'apprête à nous offrir un retour en arrière dans une seconde partie consacrée à Scorpions, avec pas moins de huit titres, et pas des moindres : la puissance de la rythmique sur "The Sails of Charon" et ses touches orientales, "We'll Burn the Sky" et sa succession de rythmes lents et rapides, les majestueux "Fly to the Rainbow", "In Trance" et "Dark Lady", un "I've Got to be Free" musclé et heavy, les détonants et saignants "Pictured Life" et "Catch your Train". 

Il est temps d'entamer la dernière partie, consacrée à Jimi Hendrix avec "All Along the Watchtower", la reprise de Bob Dylan. Le jeu de guitare d'Uli est fluide et rapide, empreint d'un feeling impressionnant associé à une technique incroyable. Le terme de guitar hero est souvent employé pour qualifier Uli Jon Roth et je comprends pourquoi après l'avoir vu et écouté "en vrai". Affichant une sérénité à toute épreuve, le bonhomme et son immense talent nous transportent dans un domaine où la musique classique côtoie un rock mélodieux ou psychédélique, nous offrant un voyage dans les années 70. Il manie sa guitare avec une aisance naturelle, nous bombarde de soli intenses, le rouleau compresseur est en marche et rien ne peut l'arrêter.

"We have a special treat for you. I don't know if it's possible… Pat ?". Pat McManus rejoint Uli Jon Roth. Ces deux guitaristes d'exception vont se livrer à un duo/duel amical sur "Purple Haze". Les surprises s'enchainent, c'est maintenant Stan Skibby, guitariste américain expatrié en Alsace, qui rejoint Uli pour une joute guitaristique sur "Hey Joe". La magie des riffs enchanteurs de "Little Wing" finit de nous achever. 

La soirée est finie, plus de quatre heures de show en compagnie de virtuoses de la 6 ou 7 cordes, chacun nous entrainant dans son univers musical.

Cathie Wetzstein – avril 2012