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NEAL BLACK pdf print E-mail
Ecrit par Yann Charles  
dimanche, 17 avril 2011
 

NEAL BLACK

http://www.myspace.com/nealblack13
http://www.myspace.com/nealblackblues
http://www.bluesweb.com

Remerciements : Sophie Louvet, Neal Black, Fred Chapellier et Alexx Schroll pour la traduction, Le Méridien.

Rien qu'à l'intonation de sa voix, on le reconnaît immédiatement. Ce pur Texan passé par New York pour venir désormais vivre en France est un des bluesmen les plus attachants qui soit. Un guitariste hors pair, un songwritter original aux textes vrais, et de surcroît un gars généreux et sympathique sous des airs bourrus. Neal Black était, il y a quelques semaines, résident du Jazz Club Étoile à Paris pour une semaine de pur blues, accompagné de son band et de ses amis Nico Wayne Toussaint et Fred Chapellier. C'est là que je suis allé le rencontrer.

Pourrais-tu te présenter pour les lecteurs qui ne te connaîtraient pas encore ?
Bonjour, je m'appelle Neal Black, je viens du Texas, j’habite en France depuis 6 ans et je suis chez Dixiefrog depuis 17 ans … et je suis toujours très beau à 51 ans. (Rires)

Ton dernier album s'appelle « Sometimes The Truth », pourquoi ce titre ?
Déjà, c'est le titre d’une des chansons, c'est un concept intéressant, quelques choses de différent qui explique bien l’ambiance de cet album, à la fois lourde et grave, parfois noire. Des fois, dans la vie, on est dans des situations où on doit dire la vérité mais ce n’est pas le bon moment parce qu’on a peur de heurter les sentiments de quelqu’un. Ca peut être très difficile de dire la vérité parfois. C'est tout ça qui se retrouve dans cet album.

Ton album a des textes un peu plus noirs. Tu parles de l'Amérique, de la vie difficile, tu penses que les choses n'ont pas changé ? Même avec Obama ?
Pour moi, Le rêve Américain est moins important socialement, les gens y croient moins. Tu regardes des personnes comme Martin Luther King, Malcolm X, les frères Kennedy, eux ils avaient du rêve et de l'espoir à offrir. Tout a changé de nos jours, les gens n’ont plus les mêmes espoirs et les mêmes croyances. C’est une bonne chose qu’Obama ait été élu, mais je pense que pour lui ça n’a pas été un cadeau, on dit à la Maison Blanche qu’il n’a pas beaucoup de temps pour faire des miracles, je me sens un peu triste pour lui car il a de grands rêves de changement mais maintenant il doit se battre avec les politiciens de la vieille école. Et ça c'est très dur aux Etats Unis, et souvent aux détriments du peuple.

On a l'impression que tu nous as emmené dans un tour des États-Unis (New York City Blues, le médecin du Mississippi a quitté son retour à Dallas ...) et, malheureusement, c'est la même chose partout. C'est également difficile où que l'on soit …
Les USA sont différents de l’Europe, je m'explique, en Europe il y a beaucoup de petits ou grands Etats qui créent une nation européenne. Aux USA, on a quatre grandes régions, le Sud, le Nord, l’Est et l’Ouest. Au sud, les choses ne changent pas : la culture est celle des cowboys et des « rednecks » mixés avec les Mexicains. A l’Ouest, des gens à la mode, un esprit plus progressiste avec des gens venant d’autres régions ou pays qui sont venus s’y installer (comme L.A. par exemple). A l'Est, New York par exemple est très cosmopolite … Les USA sont donc un mélange de plein d’états et surtout d'états d’esprit différents. C'est totalement différent de la France !

Tu es en France depuis quelques années maintenant, pourtant tu n'en parles pas dans tes chansons, c'est un choix particulier ?
C'est vrai, tu as raison (Rires). Pourquoi pas la prochaine fois ? Oui, ça serait très intéressant à faire.

Popa Chubby a joué sur cinq titres sur ton album. Pourquoi Popa ? Comment l'as tu rencontré ?
Je le connais depuis 1989, lorsque j’habitais à New York, il y avait une bonne communauté blues, beaucoup de clubs de blues, et beaucoup de solidarité entre les musiciens. Popa Chubby avait une jam tous les dimanches et j’y traînais souvent, histoire de gratter un peu et pourquoi pas de se faire voir. Je le respecte énormément, je sais d’où il vient, ce qu'il a fait, et ça fait plaisir de voir qu’il a réussi à être un des grands de cette musique.

Certains morceaux semblent avoir été écrits spécialement pour être joués par vous deux, je pense à « Buda Texas Boogie » par exemple …
Non, c’est une chanson à la base que j’avais écrite pour Gib Wharton qui était mon steel guitariste. Mais le feeling est bien passé avec Popa et donc ça s'est ressenti sur le titre.

On retrouve d'autres musiciens sur cet album, comme Fred Chapellier. Que peux-tu nous dire sur Fred ?
Ah Fred (NDLR : Fred est aussi présent pendant l'interview). On se connait depuis six ans maintenant avec Fred Chapellier, on a parcouru des milliers de kilomètres sur la route ensemble, on a fait plein de super scènes ensemble. C'est quelqu'un d'important pour moi.

On dirait que vous vous êtes bien amusés, avec de gros solos de guitares comme sur « Chicken Shack Cognac » …
Oui (Rires). On s'est amusé à inverser les rôles. Sur ce morceau je joue de la Stratocaster et Fred, lui, s'est mis à la Les Paul. Un très bon moment et un super morceau. Oui, on peut dire qu'on s'est fait plaisir.

On retrouve également deux grands harmonicistes, Nico Wayne Toussaint et Masson Casey. Qu'est ce qu'ils t’ont apporté ? Leur style de jeu est il différent l'un de l'autre ?
Ce que j’aime avec les harmonicistes de blues, c'est qu'ils comprennent parfaitement les racines, l'essence même de cette musique, et en même temps ils arrivent à créer leur propre son, leur propre identité. C’est ce qui s’est passé avec eux, au delà du fait que ce sont deux grands harmonicistes aux styles différents et qui ont apporté un plus à l'album.

Un mot sur les autres musiciens qui t'accompagnent tout au long de cet album?
Oui, bien sûr. Les amis fidèles, à la basse Kim Yarbrough, Vincent Daune à la batterie, Mike Lattrel aux claviers. Puis on retrouve également AJ Pappas à la basse et Steve Colley aux drums qui sont la section rythmique habituelle de Popa Chubby et avec qui j'ai enregistré à New York, avec Popa aussi.

On t'entend beaucoup en acoustique, pourquoi ne pas avoir fait un album totalement acoustique ? Peut être un futur projet ?
Non, je n’aimerais pas faire un album complet, même si j’adore jouer en acoustique. Depuis 1993, les gens me connaissent en tant que musicien électrique alors je ne pense pas que ça soit ce que les gens aimeraient entendre lors des concerts. Ils préfèrent de loin le son de la Lag ou de la Les Paul, et donc je ne joue que quelques morceaux en acoustique.

Tes premiers albums étaient plus rock, plus rugueux, tu es devenu plus sage avec le temps ?
Peut être (Rires), avec l'âge et le temps … La vie et les expériences font que peut être tu cherches autres choses (Rires). Mais la fougue est encore bien là !

Pour terminer cette interview, une chanson que j'ai trouvée assez drôle, « Holiday Inn In Heaven ». Tu penses que le paradis ressemble à ça ?
Ce serait sympa non? Un hôtel avec une piscine, soleil, des gens et de belles filles autour. Oui, ce serait pas mal ... (Rires)

Merci Neal pour cette interview et tous nos vœux pour ce nouvel album.
Merci à toi Yann