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FRED CHAPELLIER pdf print E-mail
Ecrit par Yann Charles  
vendredi, 11 mars 2011
 

INTERVIEW FRED CHAPELLIER

http://fredchapellier.net/
http://www.myspace.com/fredchapellier

Remerciements: Fred, Neal, Sophie.

L'occasion était trop belle pour que Zicazic la laisse passer. Fred Chapellier était invité par Neal Black à partager la scène du Jazz Club Etoile à Paris. C'est donc là bas que nous sommes allés le rencontrer, histoire de faire un peu le point sur la superbe année 2010 qu'il vient de vivre mais aussi de parler du futur.

Bonjour Fred, tout d'abord pourrais-tu te présenter pour les lecteurs qui ne te connaîtraient pas encore ?
Bonjour, je m'appelle Fred Chapellier, je suis né en 1966 et j'ai commencé la musique à 10 ans à peu près, à la batterie. C'était vraiment l'instrument qui m'intéressait. Je voulais être batteur dans Led Zeppelin ... Et puis un jour en 1979 ou 80, j'ai essayé une guitare chez un copain, et ça a été la révélation. J'ai aussitôt revendu la batterie pour m'acheter une guitare et c'est comme ça que tout a commencé. J'ai tout appris comme ça, à l'oreille, je suis totalement autodidacte.

Tu n'avais pas de modèle de guitaristes dès le départ puisque tu étais parti vers la batterie?
Non, mais j'adorais les guitaristes. J'ai des frères plus âgés et donc j'ai baigné dedans très jeune. J'ai toujours entendu de la musique à la maison. Les guitaristes Jimmy Page, Ritchie Blackmore, Albert King, Freddy King, BB King ou Roy Buchanan sont les six artistes que j'ai toujours entendu, aussi loin que je me souvienne. Alors forcément, même si au départ j'étais attiré par la batterie, ces artistes là m'ont marqué et influencé.

D'ailleurs tu as fait un Tribute album à Roy Buchanan, est ce que l'on peut dire que c'est à partir de là que tout a pris une autre ampleur, une autre dimension pour toi, si on peut employer ce mot ?
Oui, on peut le dire, et je le pense aussi. C'est le premier album qui a été signé chez Dixiefrog donc c'est un cap franchi. Quand tu es reconnu par un label tel que Dixiefrog, qui est quand même un gage de qualité, tu te dis déjà que ça fait plaisir, et Philippe Langlois, le créateur du label, a tout fait pour promouvoir l'album au mieux. Je me suis même payé le luxe d'avoir des invités comme Neal Black, que je connaissais depuis peu de temps, Tom Principato et surtout Billy Price qui était le chanteur de Roy Buchanan. Pour moi il y a un album que j'emmènerais sur une île déserte, c'est "Live Stock" de Roy Buchanan. Le chanteur sur cet album, c'est Billy Price, et via internet j'ai eu le culot de lui écrire, il m'a gentiment répondu et tout ça a pu se faire. De là, tout s'est enchaîné. Un album et une tournée avec Billy, des tournées avec Neal Black, Tom Principato ... Je suis allé aux Etats Unis avec Billy. Là, la rencontre avec Otis Clay qui est venu enregistrer sur le second album, Mark Wenner "The Nighthawks" aussi, tout çà a fait boule de neige, vraiment. Ensuite, on a fait "Night Work". On était tellement bien musicalement qu'on a eu envie de faire cet album. Puis s'en est suivi le live qui venait couronner tout ça. Donc oui, c'est à partir du Tribute à Roy Buchanan que tout a bien commencé à bien tourner.

D'ailleurs sur "Live on Stage", on sent que vous vous faites plaisir sur scène, que vous avez vraiment vécu un truc fort …
Oui, il y avait vraiment quelque chose, une osmose entre nous et les musiciens. On a Jimmy Britton, qui est le clavier américain de Billy, et tout le monde est vraiment heureux de la faire, d'être là. Ca se voit et ça s'entend. Neal Black a fait quelques dates avec nous sur cette tournée et on se régalait tous les soirs. Et je crois que ça se ressent vraiment sur l'album.

On va parler de l'année 2010 … Car c'est quand même une année fantastique ! La rencontre avec Jacques Dutronc et puis la tournée avec lui. Tu peux nous dire un peu comment tout ça s'est passé ?
En fait tout est parti d'un ami commun, un ingénieur du son qui est ami avec Jacques depuis 35 ou 40 ans et avec qui je travaille aussi en studio. Et donc un beau jour de Septembre 2009, il m'appelle et me dit que Jacques Dutronc cherche un batteur, un bassiste et un guitariste pour répéter, pour évaluer un peu où il en est avec sa voix et ses chansons. Je suis donc parti une première fois chez Jacques, mais uniquement pour le faire répéter, rien de plus. Je n'étais pas du tout, mais alors pas du tout prévu sur la tournée. Et puis voilà, ça a tout de suite accroché avec Jacques, humainement et musicalement, il a apprécié mon style et mon état d'esprit. Et il m'a très vite proposé de faire la tournée avec lui. Et forcément je ne pouvais pas refuser une telle opportunité. D'autant plus que c'est quelqu'un que j'admire depuis très très longtemps. Donc j'ai accepté. Il s'en est suivi 86 dates, presque un an de travail non stop avec Jacques Dutronc.

Au départ le nombre de dates prévues n'était pas aussi élevé ?
Effectivement, au départ il n'y avait que 53 dates, mais ça marchait tellement bien qu'il y a eu d'autres concerts, des festivals. On a refait des grandes villes comme Rennes, Paris. On avait fait cinq soirs au Zénith de Paris et on a refait cinq autres soirées au Palais des Sports. Vraiment un gros succès que cette tournée.

Pour avoir écouté, je trouve que tu as amené un peu plus de son rock et blues dans les chansons de Dutronc, c'est ce qu'il recherchait?
C'était tout à fait le but. Jacques voulait vraiment qu'il y ait une dimension rock par rapport à sa précédente tournée. C'était il y a 17 ans déjà, mais c'était beaucoup plus soft, plus dans un style Jazzy ou variété. Et là il voulait que ça rentre dedans, Telecaster et rock’n’roll. Comme dit Jacques, rock’n’rollerie ... Il avait vraiment envie de ce côté rock et donc je me suis lâché, je m'en suis donné à cœur joie.

Et là tu reviens avec une compilation, "The French Years". Tu avais envie de te faire plaisir, de revenir sur ce que tu avais fait ?
Non, en fait à force de faire des concerts un peu partout, j'ai tellement entendu les gens me dire qu’ils n’arrivaient pas à trouver les albums en Français que je me suis dit qu’il y avait peut être quelque chose à faire. Alors plutôt que de les rééditer en l'état, j'ai préféré prendre ce que je considérais comme les meilleurs titres des deux et j'ai réenregistré les voix et les guitares, les solos en tous cas. Voilà, j'ai trouvé que c'était une bonne idée de compiler ces deux albums tout en leur redonnant un coup de frais. C'est sorti volontairement non distribué dans le commerce, uniquement en vente sur mes concerts ou sur internet et sur les plateformes de téléchargements. Voilà, c'est pour les gens qui veulent écouter mes chansons en français.

Pour te côtoyer depuis maintenant quelques années, je trouve que tu te tournes beaucoup vers les nouveaux jeunes musiciens, je pense à Charlie Fabert par exemple … Et cette année à Cahors, pendant le Festival de Blues, tu vas parrainer pas mal de jeunes musiciens français qui arrivent. J'ai l'impression que tu tiens à ça, que c'est quelques choses qui te tient à cœur !
Disons que ce sont des choses que l'on me propose. Je ne sais pas, j'ai l'impression de devenir un vieux maintenant (rires) car on m'a proposé deux ou trois fois d'être le parrain d'un festival ou d'un magazine … Etre parrain de la nouvelle génération blues à Cahors, ça me fait hyper plaisir en fait, car c'est une sorte de reconnaissance, et moi, j'adore partager ! On le fait souvent avec Neal (Neal Black était présent pendant l'interview) et c'est pour ça qu'on est souvent ensemble dans les concerts, sur la route, on n’est pas des gens égocentriques. J'aime bien mettre les jeunes en avant et ils le méritent. J'aurais aimé qu'on le fasse pour moi quand j'avais vingt ans. Cela ne s'est pas produit car c'était un autre temps, même si ce n'est pas si vieux que ça. Donc je suis absolument ravi qu'on me propose ce genre d'expérience. Je les connais tous, pour certains depuis 7 ou 8 ans, je les ai vu grandir, donc les voir comme ça évoluer au fil du temps et me retrouver à Cahors avec tous ces jeunes autour de moi, ça va être le top, un super pied quoi !

Quels sont tes projets, musicaux ou collaborations ?
Alors comme tu imagines j'ai pleins de projets. Le gros projet, c'est l'enregistrement de mon futur album. Mais je n'arrête pas de reculer l'échéance car en parallèle je travaille encore avec Jacques Dutronc. Je n'arrête pas de faire des allers retours en Corse et d'écrire des choses pour lui. Donc tout ça fait que ça recule un petit peu mon propre album. Je pense l'enregistrer au mois d'avril ou mai. Et puis continuer à travailler avec Jacques. J'ai aussi une tournée d'une quinzaine de jours avec Tom Principato, j'ai des dates avec Neal Black, des concerts pour moi. Donc comme tu vois je ne manque pas de projets.

J'allais justement venir sur la tournée avec Tom Principato, avec pas mal de dates dont le New Morning le23 mars. Lui aussi c'est une rencontre qui s'est faite comme ça, un peu par hasard. Comment ça s'est passé ?
En fait j'avais vu Tom en concert il y a une douzaine d'années et j'ai toujours adoré ce guitariste. La première rencontre a eu lieu pour l'enregistrement du Tribute à Roy Buchanan pour lequel j'avais fait appel à lui car il joue lui aussi dans le style de Roy, il l'a connu, et depuis on est restés proches. Il a tourné plusieurs fois avec moi en France, je suis allé chez lui aux Etats Unis, une amitié est née et on s'est dit, tous les deux ans faisons une petite tournée ensemble, pour le plaisir. Et là en plus, il vient de sortir un superbe nouvel album, "A Part of Me", que je conseille à tout le monde. Avec la parution de mon album en français, tout cela fait que nous nous retrouvons pour une petite tournée qui débutera en mars au New Morning.

Merci beaucoup Fred pour cette interview, à très bientôt sur les scènes et surtout plein de réussite pour tous tes projets.
Merci beaucoup et à très bientôt

Propos recueillis par Yann Charles