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ZED VAN TRAUMAT pdf print E-mail
Ecrit par Fred Delforge  
jeudi, 25 février 2010
 

Belge andalou
(Chandelle Productions – Sony Music – 2010) 
Durée 48’23 – 12 Titres

http://www.zedvan.com
http://www.myspace.com/zedvantraumat

Charentais de naissance, Zed Van Traumat est un de ces déracinés qui sont partis vivre leur enfance au plus loin, du côté de la capitale, et qui après être rentrés au pays se sont de nouveau exilés, mais vers Bordeaux cette fois … Pour ce poète à la fois chansonnier, troubadour et agitateur, reprendre à son compte l’enseignement des Trenet, Brassens, Nougaro, Brel et autres grands noms de la chanson indémodable ne pouvait être qu’une évidence et c’est marche après marche que l’artiste avancera vers le sommet de son art, décrochant nombre de prix entre celui du Jury des Découvertes Musicales du Festival International des Arts de la Rue de Miramont de Guyenne et celui de la Sacem au Festival Jacques Brel de la Chanson Française à Vesoul. Des concerts avec Lo’Jo, Bertrand Belin, Emily Loizeau ou Jacques Higelin et plus récemment un Olympia en première partie de Gilles Vigneault l’amèneront tranquillement mais sûrement vers un album soutenu par Francis Cabrel et par son association Voix du Sud qui saluait dernièrement la qualité de son écriture …

« Belge Andalou », c’est un peu le résumé du grand écart géographique réalisé par Zed Van Traumat, ce délire hautement poétique proposé par un artiste dans lequel il y a une pointe de Gainsbourg dans la voix, une autre de Brel dans l’intelligence des traits d’ironie et une dernière de Nougaro dans l’art de tout ramener plus ou moins ouvertement vers le jazz … Aigre-doux, doux amer, parfois aux contreforts de la chanson vitriolée, le Bordelais d’adoption nous propose un ouvrage écrit autant à charge qu’à décharge, un album haut en couleurs où il assassine avec une audace folle ses congénères qui se complaisent dans leur rôle de « Chanteur Français » et où il émascule par le verbe les séducteurs qui approchent d’un peu trop près la date de péremption, un album où il se moque parfois un peu des petits maux quotidiens en usant de grands mots éternels, ceux que les plus grands auteurs manient avec un tel talent qu’ils les rendent séduisants quand bien même leur contenu initial n’aurait pas vraiment de quoi faire rêver … On apprécie à chaque instant le travail fait sur les phrases mais aussi celui qui emmène les mélodies vers des notes parfois pleines de swing et de groove, pleines de belles vibrations empruntées à une contrebasse ou à un saxophone. De « Madame » à « Toi et Moi », des « Ecorchés vifs » aux « Carnivores », tout n’est que rimes finaudes et notes graciles qui nous emmènent à chaque instant vers un final où l’on remarquera encore un « Pauvre Kong » à l’accent particulièrement chatoyant … A l’heure où l’on se souvient de la disparition il y a vingt ans de Serge Gainsbourg, découvrir un artiste comme Zed Van Traumat est bien plus qu’un simple palliatif !