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BUDDY GUY à ENGHIEN JAZZ FESTIVAL (95) pdf print E-mail
Ecrit par Fred Delforge  
samedi, 05 juillet 2008
 

ENGHIEN JAZZ FESTIVAL
BUDDY GUY – SHANNA WATERSTOWN
THEATRE DU CASINO – ENGHIEN LES BAINS (95)
Le 4 juillet 2008

http://www.enghien-jazz-festival.com
http://www.myspace.com/enghienjazzfestival 
http://www.buddyguy.net
http://www.myspace.com/buddyguy
http://www.shannawaterstown.com
http://www.myspace.com/shannawaterstown
http://mamasbiscuits.free.fr
http://www.myspace.com/veroniquesauriat 
http://www.myspace.com/amoriamusic

Retrouvez toutes les photos de Yann Charles sur http://www.myspace.com/isayann

Enghien les Bains vit au rythme du jazz depuis maintenant trois jours dans son festival « In » avec une programmation d’une qualité exceptionnelle mais aussi dans son « Off » où se succèdent une trentaine de groupes pour des concerts gratuits sur les bords du Lac, juste en face du Casino Lucien Barrière, créateur de l’événement en 2000, dont le superbe Théâtre accueille les concerts du soir. La devise est simple et tend à laisser le jazz flirter avec le funk, la soul et le rhythm’n’blues … Comment résister à l’appel d’un tel concept ?

C’est en territoire connu que nous arrivons sur le site du festival puisque Mama’s Biscuit est en train de fignoler sa balance pendant que le carré VIP sert ses premières coupes … Une chanteuse se produit accompagnée d’un guitariste pour les invités de marque et leur offre des standards avec une voix particulièrement chaleureuse et chacun profite comme il se doit des derniers rayons du soleil avant  d’aller s’installer dans une salle accueillante et confortable où l’on reconnaît au troisième rang un certain Bertrand Tavernier venu en amateur de belles notes se régaler d’un concert qui promet de lui donner matière à se satisfaire. Une brève présentation de la soirée et un rappel de celles à venir finiront de mettre tout le monde sur les dents et c’est une salle non seulement complète mais qui plus est pressée de faire de nouvelles découvertes qui acclame l’arrivée sur scène de Shanna Waterstown !

Si Shanna n’a pas encore en France toute la reconnaissance que mérite son talent, elle avance indiscutablement dans la bonne direction et n’en finit plus de se trouver de nouveaux fans à chacun de ses concerts. Enghien ne dérogera pas à la règle désormais établie par cette Américaine aujourd’hui établie à Paris et c’est en nous présentant un show trop bref mais tellement intense qu’elle viendra, en compagnie de ses musiciens parmi lesquels on remarque le fabuleux Mar Todani à la guitare et les non moins brillants Fabien Saussaye aux claviers, Thierry Jasmin Banaré à la basse, Christophe Gaillot à la batterie et Hervé Lebongo au saxophone, évoquer Koko Taylor avant de piocher allègrement dans son propre répertoire. Le charisme mais aussi et surtout la voix puissante, bien en place et terriblement attachante de cette disciple de la Motown qui à qui aucune tonalité ne manque n’aura pas besoin de beaucoup plus que la trentaine de minutes qui lui est accordée ce soir pour marquer les esprits et bien après la fin de la prestation de Shanna Waterstown, ils étaient nombreux ceux qui se pressaient au stand pour faire l’acquisition de son album ou qui la saluaient, la félicitaient ou même la remerciaient lors de son passage dans la rue. Appelée sans le moindre doute à devenir la tête d’affiche d’une prochaine édition du Enghien Jazz Festival mais également de nombre d’autres, Shanna est incontestablement le rayon de soleil qui réchauffera le blues et la soul dans toute l’Europe dans les mois et les années à venir …

Une vingtaine de minutes d’entracte et l’intensité remonte très vite quand les lumières se tamisent pour accueillir les musiciens de Buddy Guy, une des dernières légendes du blues encore en activité. Ric Hall à la guitare, Marty Sammon aux claviers, Orlando Wright à la basse et le colossal Tim Austin à la batterie entament une brève intro et c’est très rapidement que le maître de cérémonie les rejoint, arborant fièrement une Stratocaster blanche malheureusement dépourvue des traditionnels pois noirs que le guitariste affectionne tout particulièrement. Buddy Guy est en forme et ça se sent rien qu’à sa démarche, à sa manière de rire et de sourire, de multiplier les mimiques et autres grimaces à l’attention des photographes … L’ampli monté à 10 et les potards en permanence dans le rouge, le pionnier du West Side Sound de Chicago n’en finit plus de se mettre en valeur et tel le « Petit cheval blanc » de Paul Fort, ils sont « tous derrière et lui devant » quand il est question de prendre possession de la scène. En showman accompli, celui qui a influencé nombre de guitaristes, et non des moindres, s’offrira une première incursion dans la salle juste après un « Hoochie Coochie Man » dantesque terminé par un duel guitaristique avec un Ric Hall qui ne donne pas sa part au chat quand il est question de claquer des soli dans ceux du boss !

On se laisse très vite submerger par un show intense au possible où un très grand Buddy Guy va venir nous servir par bribes des « I Just Want To Make Love To You » et autres « Fever » mais aussi tailler avec beaucoup d’humour et sans la moindre méchanceté quelques costards à des musiciens d’exception comme John Lee Hooker, Eric Clapton ou encore Jimmy Hendrix dont il empruntera bien évidemment les plans les plus éculés. On passe bien évidemment par l’épatant « Damn Right, I’ve Got The Blues » et c’est cette fois au balcon que Buddy Guy part saluer ses fans, leur offrant un très long solo pendant lequel il n’oubliera personne, jusqu’à ceux coincés dans les endroits les plus inaccessibles de la salle ! De retour sur scène, l’incarnation vivante du blues de Chicago et de ses excès va encore nous faire craquer en jouant à tour de rôle avec une baguette de batterie, une serviette qu’il laisse négligemment glisser sur le manche pour faire pleurer ses cordes ou encore sa casquette qu’il frappe pour slapper son jeu de guitare … La salle n’en finit plus d’apprécier et le monstre sacré en rajoute encore un peu avant de regarder sa montre, de distribuer quelques mediators dans le public, de déchausser la Strat et de sauter dans la voiture qui l’attend devant la salle pendant que ses musiciens lâchent encore quelques notes pour assurer le service après vente. Pas de rappel, mais Buddy Guy peut se le permettre après une grosse heure de concert d’un tel niveau … La salle est aux anges ! 

Il est encore tôt mais les soirées de l’Enghien Jazz Festival se poursuivent jusque tard dans la nuit au Jazz Club où il fait bon se restaurer et se détendre en bonne compagnie et au rythme des groupes qui interviennent chaque soir pour animer l’after … On y retrouve ce soir Amoria, une jeune chanteuse à la voix suave qui nous propose avec son groupe un subtil digestif dans lequel les classiques et les compositions se rencontrent sur fond de jazz et de soul, une recette qui fait décidément fureur du côté d’Enghien ! Le temps de saluer Shanna Waterstown et ses musiciens mais aussi nos hôtes du soir qui nous ont réservé un accueil princier et c’est déjà vers d’autres lieux que nos chemins nous conduisent … On quitte le Jazz Club à regret en se disant que l’on y reviendra très vite, et pourquoi pas dès dimanche ? Il est des endroits où l’on se sent bien et Enghien Jazz Festival en fait indiscutablement partie !

Fred Delforge – juillet 2008