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PSYKUP pdf print E-mail
Ecrit par Stephane Burgatt  
mardi, 10 juin 2008
 

"Nous vous aimons tous…mais si vous continuez à pirater nos albums nous ne pourrons plus continuer !"

Un groupe appelé Psykup jouant une musique somme toute brutale, ça vous dit quelque chose ? Ils ont pourtant treize années d’existence dans l’océan de l’indépendance. Une mer agitée qui n’a pas encore eu raison de eux. Là où certains de leurs confrères sont au bord de la noyade, les toulousains sortent un double album un brin ironique, « we love you all ». Rencontre avec un groupe alliant le second degré et d’innombrables références cinématographiques. Le monde du métal avait besoin d’un vent frais de nouveauté ; le voici.


 Vous avez un goût surprenant pour le dégoûtant. Les photos de presses que l’on peut voir de votre groupe vous représentent, recouverts de boue, l’air hilare.

C’est toute la contradiction de psykup : on aime les choses qui brillent autant que ce qui pourrait toucher au dégoûtant. Ces extrêmes se reflètent totalement dans la musique qui peut autant passer par des phases calmes ou au contraire énervées, agressives.

Même la pochette de votre album « we love you all » va dans ce sens : elle représente deux personnages, assez hitchcockiens, qui seraient passés devant la caméra de Rob Zombie.

C’est exactement ça. C’est cet art de gâcher une image qui était jolie à la base.

Le titre de cet album, traduisez « nous vous aimons tous », reflète une certaine ironie.

Il y a un contresens dans ce titre qui est, dans une lecture au premier degré, une déclaration de reconnaissance à tous les gens qui nous suivent. Mais on parle plus profondément dedans de téléchargement illégal. « On vous aime tous », mais si vous continuez à télécharger nos albums à ce rythme, nous ne pourrons bientôt plus exister. Mais, quoi qu’il en soit, on vous aime tous !

Un groupe comme U2 qui verrait dégringoler ses ventes d’albums aurait toujours une belle marge de manœuvre. Mais des groupes comme vous, et les ventes que vous représentez, risquez de rester sur le carreau.

Hélas oui, c’est tout à fait ça. Par rapport à notre créneau musical, nous avons toujours étés contents de nos chiffres de ventes. Mais la chute des ventes est inexorable. Nous en sommes à un point tel que n’allons plus pouvoir produire d’albums : nous y serions totalement de notre poche. C’est pour ça qu’on essaie de proposer un produit complet : un double album avec un dvd et un joli packaging. On a mis 4h30 de psykup dessus.

Votre plafond de ventes se chiffre à quelle hauteur ?

Un peu moins de 10 000 ventes par album.

La curiosité de votre album est qu’il contient peu de titres mais une durée énorme. Un exercice assez inédit pour le genre. Doit-on y voir une relative influence du rock progressif ?

Chaque titre est construit comme un court métrage et non pas sur la base simple du couplet / refrain. Chaque titre comprend son lot de rebondissements ; il n’y a rien qui revient. C’est notre coup de griffe. Notre force et notre faiblesse car beaucoup de gens se lassent de ne pas entendre de refrains.

C’est un choix très risqué sur l’album mais qui peut être un point fort en live si vous associez vos titres à des projections vidéo.

Malheureusement nous ne pouvons pas encore nous permettre de nous payer les projections en concert. Mais il faut savoir que Psykup sur scène est beaucoup plus digeste dans le sens où nous mettons beaucoup d’humour dans notre show. Les choses s’enchaînent ainsi de manière plus légère que sur l’album.

Cet approche, somme toute assez légère et débridée, est elle le reflet d’un jeune groupe qui s’est lancé dans l’aventure sans y croire au fond ?

C’est plutôt la résultante de déceptions dans les relations humaines, amoureuses ou même  musicales. C’est un petit peu le reflet de tout ça.

 

On sent la cinéphilie derrière Psykup. Vous vous êtes d’ailleurs dis être inspirés par des cinéastes comme John Carpenter. Ce dernier ayant la particularité de réaliser et composer lui-même le score de ses films.

Il est vrai que certaines de nos ambiances peuvent rappeler du John Carpenter et d’autres. Le compositeur principal du groupe est en effet un cinéphile averti, qui se dévore plusieurs films par nuit et possède plus de 3000 VHS chez lui. Je vous laisse imaginer la masse d’influences qui peut transparaître ; dans l’écriture des textes comme de la musique.

Vous êtes Toulousains. Ville célèbre dans le monde du rock pour sa salle de concert que beaucoup envient : le bikini. Ce lieu a-t-il contribué à vous pousser à faire ce que vous faites ?

En un sens oui. Le père de notre batteur est le patron du bikini. Il a tout simplement baigné dedans depuis tout petit. Il a mangé à table avec Jeff Buckley et morbid angels à l’age de 10 ans.

Propos recueillis par Stéphane Burgatt, juin 2008

Lien utile : www.myspace.com/psykup