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MORIARTY pdf print E-mail
Ecrit par Stephane Burgatt  
vendredi, 30 mai 2008
 

Folk, mais pas fous

Le clan des Moriarty est discographiquement né en octobre dernier avec le remarqué « gee whiz but this is a lonesome town ». Leur musique, aux sonorités mélancoliques et épurées, renvoie le public aux grandes heures de la folk music. Et ce, bien qu'ils semblent se défendre de toute appartenance à quelque mouvement musical que ce soit. Ce qu’ils revendiquent, au contraire, est un réel désir de spontanéité. Ils cultivent ce goût du décalé, du désuet, du romanesque. Tant dans leurs compositions que dans leurs prestations, leurs costumes voire même leurs instruments. Rencontre avec Rosemary, chanteuse, et Arthur, guitariste du groupe. 


Vous avez trouvé avec votre nom l’attrape média parfait. Il renvoie à tellement de références possibles, géographique comme littéraire, que tout le monde se sent obligé de vous interroger dessus.

C’est au départ un nom de famille que nous nous sommes choisis. Effectivement il renvoie à diverses sources. Il y a déjà le nom d’un clan irlandais signifiant « l’homme qui vient de la mer » en gaélique. Après il y a d’autres significations comme le nom de l’ennemi de Sherlock Holmes de Conan Doyle.

Vous avez un goût prononcé pour le décalé, sonore et visuel.

Ce n’est pas fait exprès. Ce sont des choses qu’on aime et que l’on amène sur scène : des sons, des objets…Il y a beaucoup de hasards dans notre musique, de trouvailles…Serendipity (NDR expression anglaise désignant le don de faire des découvertes).

Les membres du groupe tiennent leurs racines d’un peu partout…

Nous sommes trois franco-américains, un suisso-vietnamien et un franco-péruvien.

Un pitch présentant votre groupe, en anglais, disait que vous vous étiez allongés et avez laissé venir la musique à vous. Une sorte de composition automatique. Et en écoutant vos compositions, on a comme l’impression de s’être allongés avec vous tellement la musique s’installe spontanément en nous. Vos titres semblent venir tout droit d’improvisations.

C’est tout à fait ça. Il faut imaginer une pyramide de chansons et à la fin il ne reste que des gravats. Nous faisons énormément d’improvisations, il en sort une quantité considérable de matière pour, au final, ne laisser place qu’à quelques morceaux. Au bout du compte, il ne reste rien en comparaison de ce que l’on peut produire au départ.
Il y a quelque chose de très viscéral entre nous, de très simple. Nous avons besoin d’une harmonie commune, d’une transe quand nous jouons. Que les choses aillent à l’essentiel…

Tu saisis au vol ma prochaine question : votre style musical est très inspiré par le côté acoustique et épuré de la folk music.

Nous n’avons pas cherché à faire ressembler notre musique à de la folk, ni à aucun autre style d’ailleurs. Notre musique se nourrit de choses très différentes. Alors effectivement ça peut sonner comme de la folk, car nous nous sommes nourris, entre autres, de cette musique. Mais on ne se définit pas complètement comme ça.

On ne peut pas renier non plus cette simplicité dans l’architecture des morceaux.

De la simplicité, je le revendique. Notre musique est chargée d’histoire, d’émotions. Elle parle aux gens, elle évoque des images. C’est ce qui nous rapproche de la musique folk. Après, chaque chanson est un petit miracle pour nous.

On peut lire que vous avez une formation théâtrale : vrai ?

On a rencontré Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff (NDR ex Deschiens), nos producteurs, qui sont eux dans le monde du théâtre, mais ça s’arrêt là. Nous en profitons pour rétablir une vérité : nous n’avons aucune formation théâtrale.

Comment un groupe de musiciens se retrouve à être produit par deux comédiens ?

C’est une forme de parenté qu’ils ont vus en nous. L’univers qui est le notre les a touché, leur a rappelé des choses. On a ce goût commun pour les objets désuets. Et ils ont eu envie de nous aider. C’est une histoire très simple.
Attention toutefois, il y a des différences entre nos deux univers. Le notre est bien plus sombre et moins tourné vers l’ironie que le leur.

Il y a-t-il de la mise en scène lors de vos concerts ?

On ne se met pas en scène mais nous importons un petit décor pour que le public se sente à la maison, avec nous.

Rien n’est laissé au hasard, notamment dans le choix des instruments. Votre batteur a par exemple, une valise vide en guise de fût.

On se sert de pleins d’objets bizarres comme d’une machine à écrire qui fait la rythmique sur un morceau, moulin à café, une sonnette de vélo…
Pour moi, tout ceci est accessoire. Le plus important est la capacité à créer des mélodies.

Je ne pense pas que ce soit dispensable non plus car ces fantaisies font partie de votre univers. C’est ce qui a contribué à toucher les gens, il ne faut pas renier la recette.

Nos meilleurs concerts ont été faits en prison avec une guitare et une contrebasse. Seulement avec de l’émotion. Je pense que la vraie musique repose là-dessus.

Propos recueillis par Stéphane Burgatt,  mai 2008

Credit photo : Léa Crespi

 

Liens : www.moriartyland.com

www.myspace.com/zicaziclemission (interview audio)