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ROLLING STONES / SCORSESE - SHINE A LIGHT A L'OLYMPIA (75) pdf print E-mail
Ecrit par Fred Delforge  
jeudi, 10 avril 2008
 

SHINE A LIGHT
THE ROLLING STONES / MARTIN SCORSESE
L’OLYMPIA – PARIS (75)
Le 9 avril 2008

http://www.shinealight.fr
http://www.myspace.com/shinealightlefilm
http://www.rollingstones.com 
http://www.myspace.com/therollingstones

La manière de présenter « Shine A Light » au public est quelque peu originale puisque L’Olympia n’est pas une salle de cinéma, mais la démarche reste logique puisqu’il y a entre les Rolling Stones et l’antre mythique du Boulevard des Capucines une grande histoire d’amour qui remonte à 1964 … C’est Arnaud Delbarre qui se charge de nous la rappeler en ne manquant pas de souligner le contentieux survenu lors de la première prestation des Anglais qui s’était soldée par 350 sièges cassés et en ne lésinant pas non plus sur les frasques des stars au Bar Marylin que les habitués du backstage connaissent bien … L’orchestre, vidé de ses sièges accueille une assistance en partie assise au sol et en partie debout et c’est une soirée atypique, placée entre film et concert de rock que nous allons vivre …

C’est en quelque sorte le rêve de sa vie que Martin Scorsese réalise en filmant les Stones, ses idoles, et si ses œuvres musicales sont déjà légion, de « Woodstock » à « Du Mali au Mississippi » en passant par « New York, New York », c’est d’une façon pour le moins inattendue qu’il propose « Shine A Light » en en faisant ni franchement le film d’un concert, ni un simple documentaire sur la vie de Mick Jagger, Keith Richards, Ron Wood et Charlie Watts. Immortalisé au Beacon Theater de New York dans le cadre de deux concerts donnés pour la Fondation Clinton, le film commence en coulisses, lors des préparatifs du spectacle, et retrace brièvement et avec beaucoup d’humour toute l’excitation qui règne autour du groupe avant le show, les présentations officielles, l’élaboration mouvementée et interminable de la set list, l’organisation de la soirée … Scorsese ajoute encore un peu à la tension en imposant sa manière de faire et ses moyens techniques, seize caméras et une demande spéciale en matière de positionnement qui fait que la vocation des plans n’est pas d’être parfaite mais au contraire d’être vivante, très fidèle à la réalité … Les premiers privilégiés arrivent dans le théâtre, Bill Clinton présente la soirée, les visages des Stones se ferment un instant et on plonge directement dans le show.

En deux heures de film, Scorsese va réussir à nous mettre dans la peau d’un des membres du public ! On se sent dans la salle tant le rendu est naturel, les têtes bougent devant le groupe, parfois un appareil photo se lève … L’Olympia se prête au jeu, chante et applaudit à tout rompre entre les morceaux, comme si le groupe était là, en face de lui, en chair et en os. Standards et morceaux moins célèbres se suivent, comme dans un véritable concert des Stones, et on passe à un rythme soutenu d’un « Jumpin’ Jack Flash » à quelques « Shattered », « She Was Hot », « All Down The Line » en retrouvant par moments des images d’archives intéressantes non pas pour le contenu des interviews qu’elles rapportent mais bel et bien pour l’attitude rock’n’roll qu’adoptent les Rolling Stones à la ville … Jack White rejoint le groupe à la sèche sur « Lovin Cup » puis on repart vers « As Tears Go By » composé il y a bien longtemps pour Marianne Faithfull, venant ensuite « Some Girls », « Just My Imagination », « Far Away Eyes » et un « Champagne And Reefer » sur lequel Buddy Guy vient poser sa guitare avec son charisme phénoménal. Encore un « Tumbling Dice » en commun et Jagger prend la poudre d’escampette pour céder le Micro à Richards sur l’acoustique « You Got The Silver » et l’électrique « Connection » avant de revenir pour un génial « Sympathy For The Devil » et un très sexy « Live With Me » en compagnie de Christina Aguilera … Entre certains des morceaux, les archives continuent de nous faire sourire tant les grincements de dents des opposants aux Stones semblent vains ! Scorsese est clair, il y a d’un côté les Stones et de l’autre le reste du monde qui les regarde, admiratif, révolté, impuissant ou même parfois dubitatif. Dans la salle les commentaires fusent et on rit à chaque instant des réponses apportées aux questions les plus dingues …

Vient le temps des rappels et c’est sur une triplette faite de « Start Me Up », « Brown Sugar » et « (I Can’t Get No) Satisfaction » que les Stones vont terminer leur set … Derniers saluts, Charlie enfile sa veste, Keith son peignoir et Scorsese repasse devant la caméra pour guider son équipe, la poussant vers les loges puis vers la rue où l’on reprend conscience que tout cela n’était qu’un film, que du cinéma ! « Shine A Light » n’est pas le film de Monsieur tout le monde, le live de plus des Rolling Stones … Plus croustillant qu’un bootleg et plus parfait qu’un officiel, presque aussi séduisant qu’un concert, c’est simplement une tranche de vie réalisée avec passion par un fan pour son groupe et partagée avec le monde entier ! It’s only rock’n’roll but we like it …

Fred Delforge – avril 2008

Le film est dédié à Ahmet Ertegün, producteur et fondateur de la compagnie phonographique américaine Atlantic Records, mais aussi véritable gourou et “père spirituel” des Rolling Stones. Ahmet est tragiquement mort à 83 ans, à la suite d'une mauvaise chute survenue lors d’un des deux concerts filmés par Martin Scorsese à New York.

Remerciements à Webpromo (Delphine Caurette et Lisa Weider), Wild Bunch Distribution, AZ et L’Olympia.