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OTIS TAYLOR & PHILIPPE MENARD à BLUES EN VO pdf print E-mail
Ecrit par Fred Delforge  
lundi, 15 octobre 2007
 

BLUES EN VO
PHILIPPE MENARD – OTIS TAYLOR
Théâtre du Casino – Enghien les Bains (95)
Le 14 octobre 2007


http://www.myspace.com/bluesenvo2007
http://www.philippemenard.com
http://www.myspace.com/philippemenard
http://www.otistaylor.com
http://www.myspace.com/tranceblues

Si le cadre est magnifique avec ce casino posé sur les rives du Lac d’Enghien et son théâtre aux couleurs rouges dominantes, l’affiche du jour est elle aussi fort alléchante puisque Blues en VO a programmé à l’heure du thé Philippe Ménard et son one man band d’une part et Otis Taylor en quartet de l’autre. Copieusement garnie d’un public mélomane et visiblement habitué des lieux, la salle n’a pas fini de vibrer au son de deux artistes très différents mais pourtant très complémentaires !

On commence un peu après 16 heures avec un Philippe Ménard très en forme qui ne va pas ménager ses efforts et qui va remplir la grosse demi-heure qui lui est dévolue en proposant un set en trois parties, la première en slide, la seconde en électrique et la troisième en acoustique, chacune d’entre elles se voyant relevée de ses percussions jouées aux pieds et de son harmonica sauvagement ingénieux ! On passe donc d’un « Telephone Woman Blues » appuyé d’une petite dédicace aux bavardes à un « Baby Please Don’t Go » épileptique en diable puis d’un « Kind Hearted Woman » ponctué d’un bon mot comme le gaucher les affectionne à un « Who Do You Love » avant de conclure une prestation trop brève mais unanimement saluée par le public au son délicat d’un « Don’t Be Ashamed Of Your Tears » puis d’un très vigoureux blues bien swingant auquel la salle participera de bonne grâce … Vive et subtile, la musique de Philippe Ménard aura aujourd’hui eu juste le temps de séduire son monde mais à n’en point douter, le guitariste a encore gagné quelques nouveaux fans du côté d’Enghien !

Cinq minutes de changement de plateau permettront à Otis Taylor de s’accorder une première fois et d’attaquer son set en solo, la Stratocaster suspendue au cou et la casquette bien vissée sur le crâne. Un premier morceau très fin puis un second chanté a-capela et il est temps pour le groupe de rejoindre le colossal guitariste, sa fille Cassie se plaçant à sa droite avec sa basse et l’accompagnant régulièrement de la voix tandis que de l’autre côté, la guitare de Michel et les percussions de Sam donnent aux morceaux un très fort côté psychédélique. Très teintée seventies, la musique d’Otis Taylor se veut planante au possible et ce n’est pas la relecture qu’il fait de « Hey Joe » qui pourra venir affirmer le contraire, les riffs tournant régulièrement autour du pot pour mieux se faire hypnotiques et la salle s’enfonçant lentement mais sûrement dans un répertoire propice à la relaxation, surtout quand on le découvre dans de moelleux fauteuils comme ceux du théâtre du casino d’Enghien !

La complicité entre le père et sa fille est frappante et c’est un pur moment de bonheur quand cette dernière prend le chant lead sur un titre, laissant pleinement s’exprimer une voix chaude et très typée blues pendant qu’Otis Taylor se concentre sur un jeu de guitare qui va très vite monter d’un ton avec la reprise de « Baby Please Don’t Go ». Marqué par un très fort bourdonnement d’ampli, le son redevient plus agréable quand la Strat regagne son stand et qu’Otis Taylor attrape un harmonica et part en jouer au beau milieu du public, lui faisant reprendre en chœur ses refrains et finissant de le mettre dans le grand bain d’un après-midi placé sous le signe de la qualité ! Un petit solo de batterie pour marquer le retour du boss sur le devant de la piste et le show engagé et lucide d’Otis Taylor peut reprendre avec cette fois une Telecaster que l’artiste utilise un moment comme un Weissenborn avant de la chausser et de venir plaider pour la liberté des hommes et l’égalité entre tous les peuples sur un rythme une fois encore très psychédélique …

Un unique rappel permettra à Otis Taylor de souligner que le blues est né dans les années 1900 autour de quelques hommes armés de guitares et de banjos et c’est sur ces bonnes paroles que tout le monde s’en ira dans le hall pour les traditionnelles dédicaces et photos de groupe avec l’homme venu des rives du Colorado mais aussi avec celui venu des bords de la Loire. Le soleil qui se couche sur le lac donne un cachet attachant à ce moment de partage entre des artistes et leur public et c’est avec au fond de lui le sentiment d’avoir passé un très bon moment que chacun regagnera son home sweet home pour assister à la seconde demi-finale de la Coupe du Monde de Rugby par exemple … Le timing était aujourd’hui propice à ce que les deux activités se rejoignent !

Fred Delforge – octobre 2007