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TRAFFIC QUINTET pdf print E-mail
Ecrit par Fred Delforge  
dimanche, 27 mai 2007
 

Nouvelles vagues (de Godard à Audiard)
(Naïve – 2007) 
Durée 59’41 – 20 Titres

http://www.naiveclassique.com

L’histoire est aussi belle qu’elle peut paraître simple, il suffit de prendre un compositeur aussi talentueux que réputé, Alexandre Desplat, que l’on connaît pour avoir signé les musiques de films comme « De battre mon cœur s’est arrêté » ou encore « The Queen », et de lui donner une vingtaine de morceaux piochés parmi les plus belles œuvres du cinéma pour qu’il les retravaille et les adapte pour un quintet à cordes … Il y aura bien entendu ses propres musiques mais aussi celles de Maurice Jarre, Ennio Morricone ou Antoine Duhamel dans la sélection finale, et c’est en dirigeant un ensemble qui se voit agrémenté de la contrebasse de Philippe Noharet venu apporter un soutien primordial au violoncelle de Raphaël Perraud, à l’alto d’Estelle Villotte et aux violons d’Anne Villette et Dominique Lemonier que le génie des sons et des sens nous emmène de Godard à Audiard en faisant des passages par chez Verneuil, Bertolucci et tant d’autres encore …

Interpréter des chefs d’œuvres appartenant à l’anthologie du cinéma comme « Pierrot le fou », « Jules et Jim » ou « Peur sur la ville » en en faisant une relecture classique est une idée qui se révèle très vite comme étant excellente tant le résultat est à la hauteur de ce que l’on est en droit d’attendre d’un formidable compositeur doublé d’un directeur artistique pointilleux et inventif ! C’est en effet à un album qui s’approche de très près de ce qu’aurait pu donner un véritable orchestre à cordes que l’on arrive, la contrebasse venant libérer le violoncelle de ses contraintes rythmiques et lui laissant beaucoup d’espace pour littéralement s’envoler d’une note à l’autre, revisitant sur un ton léger et détaché toute une palette de sonorités que les violons agrémentent de leurs larmes cristallines … Alexandre Desplat conduit son quintet de la chambre jusqu’au salon en le dévergondant avec « Le roi de cœur », « L’important c’est d’aimer » ou encore avec un passage très appuyé par un « Dernier tango à Paris » qui n’en finit plus de s’infiltrer jusqu’au plus profond des esprits ! Si la main du chef d’orchestre est droite et inflexible, c’est à une interprétation qui dépasse par moments le cadre trop strict de la partition qu’il nous convie, laissant au Traffic Quintet le soin d’apporter un peu de folie et de légèreté à des compositions dont l’ambition première est quand même avant tout de distraire … A réserver tout de même aux cinéphiles avertis et aux mélomanes confirmés !