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HIGELIN pdf print E-mail
Ecrit par Fred Delforge  
mardi, 21 novembre 2006
 

Amor doloroso
(EMI Music – 2006) 
Durée 42’36 – 11 Titres

http://www.jacqueshigelin.fr
http://www.higelin.com

Il y a déjà huit ans que Jacques Higelin n’avait pas sorti de nouvel album studio, huit longues années pendant lesquelles ses fans se morfondaient, le regardant « enchanter Trenet » en guise de lot de consolation mais pleurant l’absence de celui qui, à l’instar d’un Gainsgourg, avait réussi trente ans plus tôt à réconcilier le music hall et le rock’n’roll avec le légendaire « BBH 75 ». Entamant une collaboration fructueuse avec Rodolphe Burger et donc Kat Onoma, l’homme élastique bandé comme un arc marque son grand retour avec un ouvrage de haut vol où se retrouvent Sarah Murcia (contrebasse), Dominique Mahut (percussions), Freddy Koëlla (guitares), Mehdi Haddab (oud), Olivier Daviaud (piano et violoncelle), Gérard Tempia (violon), Frédéric Deville (violoncelle) et Arnaud Dieterlen (batterie), un ouvrage qui en appelle à l’air du temps qui vient caresser l’immense talent d’écriture d’un artiste que tout émeut mais aussi à ses sentiments les plus insidieux, ceux que l’on pressentait mais qu’il n’avait jusqu’alors que trop peu dévoilé !

A l’écoute d’«Amor Doloroso », on pourrait presque croire qu’Higelin ne nous a jamais laissé orphelins de son art tant il revient de façon presque naturelle, comme s’il nous avait quitté la veille en fin de soirée. Gorgé d’une énergie hautement communicative, l’album nous réserve son lot de standards et revisite autant les péchés capitaux avec « Queue de paon » ou « Ice Dream » que les sentiments profonds avec « J’t’aime telle » et « J’aime ». Bluesman old school ou héros novateur, Higelin nous sert aussi bien une « Prise de bec » qu’un « Crocodaïl » et nous attendrit à chaque changement de ton, à chaque nuance dans la voix. On s’étonne toujours et encore d’un « Ici c’est l’enfer » que l’on aurait cru incompatible avec la personnalité de l’artiste, on s’affole lors de la découverte d’un « Hiver au lit à Liverpool » … Higelin ne sait pas laisser son public de marbre, avec lui c’est soit on aime soit on déteste et, pour l’occasion, la tendance est largement orientée vers l’affection tant « Amor Doloroso » se révèle charmeur en diable. Derrière, le jeu est précis, carré mais tellement humain que les sentiments ressentis dès la première écoute deviennent encore plus forts à chaque fois. Plus travaillé comme un premier album que comme un quelconque témoignage d’aboutissement avant une retraite (presque) légitime, « Amor Doloroso » a réussi à concentrer huit années d’énergie et de retenue pour tout laisser éclater à l’unisson sur onze chansons plus enivrantes les unes que les autres. On n’ose le croire tant c’est bon ! C’est Higelin, tout simplement …