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GORAN BREGOVIC pdf print E-mail
Ecrit par EL Renardinho  
vendredi, 19 août 2005
 

GORAN BREGOVIC
SOIREE « PASSEZ LE MOT »
THEATRE ANTIQUE – VIENNE
VENDREDI 22 JUILLET 2005

http://www.forumrefugies.org

La soirée « passez le mot » était placée sous le signe de la défense des réfugiés et de leur statut. Selon la responsable de la communication, Yasmina Sana : « il s’agit d’alerter, de sensibiliser sur la question de l’asile. Derrière chaque réfugié, il ne faut pas oublier qu’il y a un bourreau ». Ce soir-là, des personnes réfugiées avaient été conviées au spectacle, pour une deuxième édition riche en mots et en musique. A une époque où les conflits font rage (au Soudan, au Togo, en Tchétchénie ou au Cachemire, par exemple), il semblait important ce soir de lancer un message, de « passer le mot », au travers d’une soirée d’alerte. Le pari semble avoir été réussi, aux vues du nombre de spectateurs. Rappelons que Forum Réfugiés est une association régionale à vocation nationale, basée à Villeurbanne, et qui reçoit, notamment, le soutien du HCR (Haut Commissariat aux Réfugiés).

 

La soirée commençait en musique, avec Marc Perrone : un accordéon, des sons émouvants, parfois tristes qui nous serraient le cœur. Puis, Yolande Mukagasan faisait son apparition, pour un témoignage poignant : cette ancienne réfugiée Rwandaise insistait sur le statut de réfugié, sur le fait que l’on n’est plus humain et pourtant... « Il faut continuer à espérer, pour reconquérir son statut d’Homme et oublier la haine, cette haine destructrice. Einstein était un réfugié... ». Marc Perrone revenait, accompagné d’André Minvielle, le temps d’ « une petite mélodie ».

 

Yannick Jaulin suivait, avec ses rimes accrocheuses et nous narrait un conte malicieux et plein de poésie. Chaque apparition d’un artiste était ponctuée d’un commentaire sur la situation passée et présente des conflits et des réfugiés dans le monde. La musique reprenait, avec Idir : le chanteur Kabyle nous faisait vibrer, dans ses musiques et dans ses paroles, faisait participer le public, tout acquis à sa cause. « On est de là où on aime et de là où l’on est aimé ». Il nous racontait la Kabylie, avec une sincérité émouvante et un soleil dans la voix. La participation du public ne s’arrêtait pas là, puisque le Crieur Public lisait les petits mots glissés par les spectateurs dans une boîte prévue à cet effet. Dans cette alternance de mots et de musiques, Loïc Lantoine prenait place, pour un peu de musique.

 

La fin de la première partie s’annonçait, avec Thierry Renard et Slam (ou Section Lyonnaise des Amasseurs de Mots), compagnie lyonnaise amatrice de « poésie urbaine nomade » : une fable de la Fontaine revisitée, du rap a capella, la soirée visitait décidemment tous les types de maniement des mots. Julos Beaucarne nous laissait perplexes et amusés, notamment après sa chanson sur Georges W. Bush. Il laissait la place à André Minvielle, pour une chanson a capella. Arrivait alors la révélation de la soirée : les Femmouzes T. Rita Macedo à l’accordéon et au chant et Françoise Chapuis au chant ne nous laissaient pas de marbre et enflammaient le public, juste avant l’arrivée de la star Bregovic. Les rythmes étaient simples et vrais, sans chichi ni fioriture et le public adorait ça. La première partie s’achevait sur un au revoir des artistes -au complet- émouvant et beau. La place était chauffée...

 

Celui que tout le monde attendait arriva : Goran Bregovic et son Orchestre des Mariages et des Enterrements. Dès les premières notes, les spectateurs s’agitaient et criaient. On sentait une envie de fête poussée à son comble gagner le théâtre antique. Bregovic faisait alors son apparition dans les clameurs du public. Assis, à la guitare, on sent que le sieur Bregovic a de la bouteille : chansons calées au centième près, costard blanc impeccable : il sait ce que veut le public : « Get the Money », « In the Deathcar », les musiques des BO de « Chat noir chat blanc », « Le Temps des Gitans ». Les musiciens s’en donnent à cœur joie et les voies des choristes semblent nous pénétrer pour ressortir en frissons. Tout est au poil, un peu trop peut-être : on aurait aimé un peu plus de spontanéité chez l’artiste... même si tout répondait à nos attentes...

 

Le spectacle s’achevait dans une ambiance de fête. L’association Forum Réfugiés a réussit son pari. Je vous convie à visiter le site, http://www.forumrefugies.org. En espérant une prochaine édition, toute l’équipe de zicazic.com souhaite une bonne chance à cette  association qui œuvre tant pour les réfugiés.

Crédit photos : Hervé Coste du Dauphiné Libéré (Julos Beaucarne, Bregovic) / Jean Raphaël Loire