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GOGOL PREMIER - LES PORTE MENTAUX + guest SARKOPHAGE pdf print E-mail
Ecrit par Chockers  
jeudi, 25 mars 2004
 

Compte rendu de concert
Salle Canal 93 - Bobigny / 25 Mars 2004

http://www.gogol-premier.com
http://www.portementaux.com
http://www.sarkophage.propagande.org
http://www.globenet.org

BigHop hop hop... Ce soir, direction la banlieue nord de Paris pour un concert punk-rock-revival en soutien à l'association GlobeNet, militante engagée pour l'internet libre mais malheureusement menacée de fermer ses portes pour cause d'endettement trop lourd... Deux têtes d'affiche vieilles de 25 ans, trop rares sur scène, ont donc répondu présent pour faire la fête et "sauver Globy" de la noyade : les légendaires Porte-Mentaux et le spectaculaire Gogol Premier et sa Horde !

_Mais avant les deux plats de résistance, une petite mise en bouche au doux nom de Sarkophage, en référence à notre cher Ministre de l'Intérieur, a envahi la scène histoire de réveiller le... public ! Difficile pour eux d'ouvrir les hostilités devant une bonne douzaine de spectateurs éparpillés dans la chouette salle Canal 93, la population punk réunie ce soir-là préférant s'abreuver au bar dans la salle voisine en attendant les stars... Le punk-rock nourri au grain de ce jeune groupe a toutefois rameuté les plus curieux et les cinq ou six morceaux joués ont tout de suite donné le ton de la soirée. De "C'est La Guerre" à "Le Petit Nicolas" ("Vous savez, celui dont le nom commence par "S",... comme sodomie !") les quatre furieux ont déversé leur haine du système, le tout illustré sur scène par des images vidéos engagées, mixées avec la captation live de leur show... Devant ce déprimant manque d'ambiance, et après quelques cordes cassées, le chanteur finira par se jeter de désespoir dans la fosse vide, avant de se rouler sauvagement par terre, rapidement rejoint par une pseudo punko-dragqueen-à-forte-fausse-poitrine ! Cette orgie clôturera leur courte presta, le chanteur revenant sur scène pour un ultime rappel en forme d'exhibition anale, spéciale dédicace à celui sans qui les Sarkophages n'existeraient pas... Chaud chaud !

Histoire de relever un petit peu le niveau pendant la pause, tout en restant toutefois raccord, la sono balance un sublime "Merci Patron" des Charlots...

Quinze minutes plus tard, les Porte Mentaux "version 2007" envahissent la scène, devant une salle à moitié pleine mais toute acquise à la cause... Un petit riff de guitare qui va bien, couplé à un "Ah ! Ca ira, ça ira, ça ira ! Les aristocrates à la Lanterne" tranquillement repris en cœur par BB et Fred, un des deux gratteux, et c'est l'explosion de décibels ! Le groupe démarre sur les chapeaux de roue, pendant qu'un mix-vidéo à base d'images de guillotines est diffusé... Ca charge, ça charge ! Quelques petits problèmes de balance plus tard, le public réclame une nouvelle fois "Ah ! Ca ira", mais la bande à BB enchaîne avec le puissant "Plus d'Amour", suivi de "Lumière", un mix d'images de cimetières succédant aux guillotines... Ne serions-nous pas en présence d'un groupe qui revient à la vie après un enterrement prématuré ? J'en ai peur... Un BB grave motivé, sans sa guitare et en super forme, un groupe tout neuf avec des jeunes qui en veulent, des nouvelles compos plein la tête et un new album en prépa... Nom de Zeus ! C'est reparti, comme à la fin des années 80, alors ?... Yeeeeeesss... Histoire de rappeler aux spectateurs les plus incultes que les Porte Mentaux ont déjà eu une vie par le passé, le groupe balance alors une mélodie ultra connue, suivie de "Ne regarde pas cette folle, le rideau est tombé..." entonné par BB... Le tubesque "Elsa Fraulein" est revu et corrigé à la sauce 2004, avec la puissance qui va bien, interrompu par un break de quelques secondes, avant un "De l'autre côtéééééééééééé", hurlé a capella et enchaîné de plus belle par les zikos énervés... Grand moment dans la salle, sous couvert d'images du mur de Berlin ! Après quelques petits réglages de retour son, le groupe embraye plus calmement avec un "Mondo Color" redorant quelque peu le thème engagé de la soirée... Sur l'écran géant, des images de mains de toutes les couleurs succèdent aux slogans anti "F-Haine"... Puis c'est au tour du speed "Extermination", suivi de l'entraînant "Le Jardin de la Misère", avec un BB bondissant sur scène ! La fosse est toute énervée et notre pseudo punko-dragqueen-à-forte-fausse-poitrine pogotte comme une folle ! Les Porte Mentaux enchaînent alors avec "Combat des Races", avant de demander au public si ça baigne : "Réveillez-vous !! Et demandez-nous si on va bien ?... Pour une fois..." La fosse transpire et une chanson à réveiller les morts est mise en branle, "Réveillez-Moi"... Des images de tombes et d'outre-tombe illustrent alors les paroles sur l'écran géant, le tout mixé avec les images direct-live du show ! Le batteur british du groupe saute sur son siège comme un kangourou gavé d'hémorroïdes pendant tout le morceau, en rythme avec le pogo du public ! Très foooort ! Puis le très rock n' roll "Pas le Temps de Rêver" résonne alors dans la salle, avec un "Ils ont la loi et le fric.. Oh oooh." repris en chœur par toute la salle... Des images de violence envahissent alors l'écran géant, histoire d'illustrer l'hymne "Bleu Blanc Noir" et son "...nous irons cracher sur vos tombes". Un fan de la première heure grimpe sur scène avant de gueuler les paroles de fin dans le micro : "Jeeeeeeee gaaaaaarde l'espoooiiir !"... Les Porte Mentaux terminent alors leur set sur l'air puissamment puissant de "L'Etoile", avec un BB déchaîné au rythme de la batterie... Puis après avoir balancé "Au pays où rock-star rime avec trou du cul, on vous fait pas le coup du rappel, on envoie...", BB s'éclipse en backstage, laissant ses acolytes jouer une reprise musclée de "Pulp Fiction"... Ca dépote, ça dépote ! Le groupe enchaîne sans temps mort avec "Conscience"... titre phare de leur album en preparation . Ca sent la fin du show ! Fuck fuck !... Un dernier "2... 3... 4..." façon Ramones lance le bien speed "Les PM", et c'est la fin du show !! Une rapide présentation des différents membres du groupe clôture la brillante presta des nouveaux Porte Mentaux, et BB s'adressant une dernière fois au public : "On est content d'être là ce soir, 25 ans après, avec mon pote Gogol... Salut !..." Bravo les gars...

En guise de transition, un petit reggae-dub inonde l'endroit... Ambiance idéale pour les fumeurs de joints, exceptionnellement privés de fumer à l'intérieur de la salle !

Puis une grosse voix off retentit d'outre-tombe, laissant présager le pire : "Nous demandons la horde sur scène,... et nous demandons aux personnes sensibles de quitter la salle". Et hop, le ton est donné ! Place aux hostilités gogoliennes... Une prétresse vétue d'un seul string noir arrive sur scène, trainant sa pauvre copine au bout d'une laisse... Ca se tripote, ça fouette, ça hurle ! En même temps, les zikos balancent une purée violente... Ouh laaa... Gogol Premier entre en scène, en soutane, sous un tonnerre d'applaudissements, les bras levés vers le ciel : "Boooonsoooir mes fidèèèèles !" La fosse est devenue plus compacte, transformée en horde toute offerte à son maître... Ca gronde, ça hurle... Le maître s'agenouille et baise le sol... Le gong retentit, et un "Sexe Bite Ahaaaaa" est repris en cœur par toute la salle... C'est donc parti pendant 2 minutes avec l'intro funky-délirante de "La Disco C'est Fou", jusqu'à ce que le groupe s'arrête net, le maître s'adressant à ses fidèles : "Hé les Kids, vous croyiez qu'on allait vous laisser comme ça ?..." Et paf, la musique repart de plus belle, avec un Gogol à 200%, les deux créatures dénudées s'exhibant avec violence sur scène, des images de la droite au pouvoir défilant dangereusement sur l'écran géant, le tout agrémenté du pogo dévastateur de la fosse ! Un démarrage de show sur les chapeaux de roue...
"Mes Frères, je vous remercie d'être ici pour sauver Globy la baleine..." est lancé en guise d'introduction à "Cent Millions d'Amis", morceau joliment illustré par un mix d'images de nos gouvernants et de délicieuses crottes de chien... Le Gogol pète le feu, et au rythme violent des décibels, une de ses comparses féminines se diabolise frénétiquement sur scène, arrachant ses vêtements, jusqu'à ce que le public termine la chanson a cappella... Whouuuuu... Une lumière plus tamisée, dans les tons de rouge, envahit alors la scène, en même temps qu'un mix sonore inquiétant, le tout agrémenté d'une contrebasse de plus en plus présente et violente... Gogol ouvre sa soutane, laissant apparaître un tee-shirt aux couleurs anarchistes et embraye sur "Xambiance", avant d'exorciser un par un chacun des membres du groupe... Des images de sorcellerie illustrent le morceau, le guitariste exorcisé se roule par terre, le contrebassiste hystérise, un ténor sorti des backstage se met à hurler... Tout part en vrille, et le public encense le roi Gogol, manipulateur d'esprit positif pour que tout devienne meilleur en ce monde ! Il enchaîne alors avec "La Vie Est une Escroquerie", une lampe torche rouge près du visage pour seule lumière sur scène... Une des prêtresses en string refait son apparition, accompagnée d'un esclave mâle, qu'elle s'empresse de ligoter avant de grimper sur ses épaules pour un bain de foule déchainé à base de tripotages en tout genre... Le public délaisse des yeux Gogol et sa troupe, au profit des formes généreuses de la demoiselle... S'ensuit un morceau très entraînant malgré son titre, "Ma Vie Est Triste à Mourir", avec un Gogol dansant comme un fou, accompagné par une horde histérique. Après une bénédiction de ses fidèles à base de vidage de bouteille d'Evian sur la tronche des pogoteurs, le maître revient sur scène, masqué, jetant du riz, au seul son d'une contrebasse envoûtante et stressante... C'est parti pour le flippant "Réincarné", Gogol se prenant pour un être paranormal, avant d'entamer le plus tout jeune "Voilà des Paroles Faciles à Comprendre". Distribution de drapeaux multicolores dans la fosse, succession d'images de TV-réalité sur l'écran géant, et "merde, merde, meeeeerde !"... Après un "hip hip hip" pour la horde, Gogol propose de faire revivre le squelette pendu au dessus de la scène en invoquant "La Danse des Cloportes". Puis le tout neuf "Président Robotnik" soulève la fosse frémissante avec son programme diabolique, la horde reprenant en chœur "le président roboooot te niiiiiiiique"... Après cette belle communion, Gogol demande à ses Frères s'ils se souviennent d'une chanson douce !? "La Bombe" arrive alors sur les chapeaux de roue, agrémentée d'un festival visuel d'explosions en tout genre, préambule d'une explosion sonore clôturant le show... Le groupe quitte la scène après un rapide message de propagande... Le public s'échauffe, réclamant le maître à corps et à cris... Quelques punks envahissent la scène histoire de gueuler dans les micros : "Gogoool !... Gogoool !... On n'a pas payé pour rien..."
Les furieux réapparaissent rapidement sur scène sur l'air du "TV Horreur Show", accompagnés d'un gros bourreau masqué et d'un super héros sur-efféminé... La horde est à nouveau en communion avec le maître, et l'excitation est maximum lorsque Gogol saisit une hache pour détruire une télévision posée sur scène, le tout mixé avec des images de "A La Recherche de la Nouvelle Star", "Star Academy" ou encore "Popstar"... Le poste télé explose, Gogol se déchaîne dessus avec rage, ses prêtresses à moitié nues se roulent par terre, ensanglantées... Gogol slamme alors dans la fosse, porté en triomphe par sa horde, avant de clôturer définitivement la soirée avec un "J'encule" mémorable !! Tout le monde fait style de s'enculer sur scène, le super héros fraîchement désapé avec le bourreau, le guitariste avec une des prêtresses, le bassiste avec Gogol... Tout part en sucette ! Une véritable orgie accompagné d'un pogo géant, signe d'une fin de soirée de plus en plus proche... Un "Bonsoir... Et n'oubliez pas d'aller voter dimanche !..." mettra un terme définitif à la soirée ! Whouuuuuuuuuu... Que d'émotions !

Un conseil : si cette joyeuse affiche punk passe près de chez vous - ou même loin de chez vous, certains avaient fait 700 bornes pour être là ce soir (!) - ne les ratez surtout pas... Un grand moment de punk n' roll !

Compte-rendu : Seb Ronjon pour Zicazic.com - Mars 2004