Accueil du portail Zicazic.com


Zicazic on Twitter. Zicazic on Facebook.

Flux RSS ZICAZINE

Qu'est-ce que c'est ?




Accueil

> MENU
 Accueil
 ----------------
 Chroniques CD's
 Concerts
 Interviews
 Dossiers
 ----------------

RANCID + A.F.I. + THE HELLBOYS pdf print E-mail
mercredi, 01 octobre 2003
 

http://www.rancidrancid.com
http://www.afireinside.net

"Oï oï oï...", tel semble être le thème de cette soirée à l'Elysée Montmartre ; un concert sold out pour les stars californiennes du punk ! Effectivement, les punks sont de sortie ce soir, mais une grosse partie est restée dehors faute de place dans l'arène... Cinq ans que les Rancid n'avaient pas foulé le sol français, et sept ans que j'attendais de les revoir, après le puissant souvenir d'une première partie des Rage Against The Machine en Mai 96 à Grenoble ! Whouuuu, putain, j'le sens bien ce concert... Yeeessss... Ce qui frappe tout de suite dans la salle, c'est ce mélange de public ; deux groupes, deux générations, donc deux publics : moitié "Punks not Dead" génération Clash et Pistols, moitié punks à roulettes génération Blink 182 et Offspring ! Un joyeux mélange pour un joyeux bordel...

Histoire de bien commencer et de donner un ton très rock n' roll à la soirée, la sono crache du bon Social Distortion, jusqu'à ce que les lumières s'éteignent pour laisser apparaître sur scène un groupe français à la lourde tâche : chauffer cette putain de salle éclectique à souhait ! The Hellboys essayent donc de mettre l'ambiance en jouant un punk rock assez proche des Rocket From The Crypt et autres Specials. Look costard / chemises 70's "léopard" et lunettes de soleil "frime". Le chanteur, journaliste rock de son état, cultive un petit air à la Mike Ness, mais le rock n' roll-punk-sixties qu'ils dégagent peinera à gagner les faveurs du public... Après 30 minutes de show, seul leur dernier morceau, "Bank Robber", une reprise des Clash, réussira à faire bouger l'immense fosse... Dommage !

_20h30, les AFI (A Fire Inside) envahissent la scène de l'Elysée dans une espèce de mise en scène à la Marylin Manson et sur une musique assez glauque... "Good Morning Paris, France... We are AFI !..." J'étais très curieux de voir en live ce groupe que j'avais découvert aux "MTV Video Music Awards" quelques jours auparavant... Ces glam-clowns androgynes et sur-maquillés avaient obtenu un award pour leur clip "Girl's Not Grey" et m'avaient laissé quelque peu sceptique quant à leur crédibilité. Des clones de Marilyn Manson, à mi chemin entre les Cure et Kiss côté look, et une sorte d'émo-rock gothique fatiguant dès le deuxième morceau côté musique ! Malgré les sifflets insistants tout autour de moi, les fans, plutôt jeunes, sont bel et bien présents et le show n'en demeure pas moins super énergique et mystérieux. Et pour cause, leur spectacle semble super rodé, les affreux ayant pris l'habitude de jouer sold-out outre-atlantique. L'ange noir, alias Davey Havok, chanteur de son état est super présent sur scène. Le groupe enchaîne donc les classiques de son répertoire (déjà 6 albums au compteur), de "Ever And A Day" à "Leaving Song Part II" en passant par le puissant "Death Of Seasons" avec son riff techno ravageur ! Les fans sont super réceptifs à la presta du groupe et ça pogotte et ça slamme à tout va dans la fosse... Visiblement, ça fonctionne ! Le chanteur over-tatoué et over-maquillé se trémousse dans son tee-shirt moulant, s'égosille dans son micro, alternant les hurlements et les moments plus calmes. Le groupe est franchement dans son monde et malgré l'énergie déployée, la communication avec le public est quasiment nulle ! Le seul moment de communion un peu "extraordinaire" sera la "marche de Dieu" de la diva Davey ; en plein milieu du dernier morceau, "God Called In Sick Today" : il se fera porter par ses fans, debout au dessus de la fosse, tel le maître du monde ! Malheureusement, les jeunes fans des premiers rangs n'ayant pas la carrure du nouveau gouverneur de Californie, la fameuse marche est rapidement avortée... Une presta acrobatique gentiment emprunté à Iggy Pop à l'époque de ses Stooges... Puis trente longues minutes après le début du show, le quatuor quitte la scène sans franchement remercier le public... Ouf ! Place aux choses sérieuses, maintenant... Juste un petit coup de gueule toutefois, avant de conclure sur ce groupe : hey, les minots, quand vous sortez de l'école pour aller à un concert d'AFI, faite au moins l'effort de laisser vos cartables à la consigne, c'est super casse-couilles dans les pogos ! A bon entendeur...

Histoire de relever un petit peu le niveau pendant la pause, la sono balance à nouveau quelques classiques de Social Distortion...

_21h30, les premières notes de "Rubi Soho" raisonnent dans l'Elysée Montmartre, les Rancid sont sur scène, fidèles à eux-mêmes : nonchalance exagérée pour Tim Armstrong (qui se baladait tranquillou dans la fosse pendant la presta d'AFI) et punk-attitude plus musclée pour Lars Fredericksen... Les deux compères enflamment la fosse, et la fête du pogo bat son plein pendant les deux ou trois premiers morceaux. Après "David Courtney" et "Fall Back Down", deux des bombes du tout dernier album, l'ambiance se relâche quelque peu et le groupe peine à retrouver une foule déchaînée... Le rapide et efficace "Maxwell Murder" réveillera un petit peu tout ça, mais le solo de guitare du morceau nous montrera un Tim Armstrong un petit peu à côté de la plaque, fatigué, ne jouant pas vraiment et chantant avec parcimonie ! Dommage que le showman ne soit pas au mieux de sa forme ce soir ! Du coup Lars Fredericksen déploie toute son énergie pour combler le léger vide. Il communique davantage avec le public et le supplie de foutre davantage le bordel pour espérer entendre plus de morceaux... Chantage chantage pour ces habitués des foules immenses !! Ils enchaînent avec "Nihilism" puis "Lock, Step And Gone", suivis de "Dead Bodies" chanté en intégralité par le bassiste Matt Freeman ! Les morceaux sont courts, rentre-dedans et super efficaces... Le groupe de Berkeley semble moins s'amuser sur scène que lorsque je les avais vu il y a 7 ans, et pour la petite anecdote, entre les morceaux, ces symboles "punks" boivent de l'Evian et du Coca, et le tout dans un verre, surtout pas à la bouteille !!!... Merde, ils sont passés où les vrais rebelles ? Sur scène, quelques indices nous rappellent que le groupe s'investit également dans d'autres projets musicaux qui cartonnent : Matt Freeman porte un tee-shirt "Lars Fredericksen And The Bastards", un groupe vachement dans la mouvance rancidienne, et surtout, plusieurs enceintes sont estampillées "The Transplants", le nouveau groupe branché du moment réunissant entre autre Tim Armstrong et le batteur des Blink 182... "Hyena" puis "Salvation" raisonnent alors dans l'Elysée Montmartre. Tim Armstrong continue de cultiver son attitude nonchalante, tournant régulièrement sur lui-même en effleurant sa guitare... Le groupe déserte alors la scène, laissant Lars Fredericksen entamer, seul avec le public, "The Wars End" a capella, puis avec sa gratte ! Le morceau est finalement mois énergique que sur l'album, mais la performance est franchement sympathique et super soutenue par le public ! Bravo Lars !... Le groupe revient alors à nouveau au complet et Lars incite toute la fosse à partir dans un circle pit géant pour les morceaux suivants, "Tenderloin", et surtout "St Mary" ! Par son énergie, ce dernier déchire carrément la fosse, et c'est à nouveau le feu dans l'arène... Merci messieurs ! Faute de pouvoir slammer depuis la scène ultra-protégée, les cascadeurs se jettent sur le public depuis les piliers de L'Elysée. S'en suivent alors les tubes "Roots Radical" et "Olympia Wa"... Puis le leader de la soirée se retrouve à nouveau en solo sur scène pour interpréter le tube qu'il chante habituellement avec ses Bastards, "To Have Or To Have Not". Prévu ? Pas prévu ? On ne saura jamais... Toujours est-il que le morceau fera son petit effet dans l'assemblée, juste avant que le reste du groupe ne réapparaisse une nouvelle fois pour terminer sur "Journey To The End Of The East Bay"... Les Rancid quittent la scène sans que l'on soit vraiment sûr de leur retour pour un rappel !? Et si, finalement, une ou deux minutes après leur déferlante de hits, les revoici, prenant les commandes du carton "Time Bomb". Ça pogotte à fond dans la fosse, le public ayant tout à coup conscience que le show touche malheureusement à sa fin ! Et s'il faut attendre encore cinq ans avant d'espérer les revoir, c'est maintenant ou jamais qu'il faut tout défoncer ! Ils enchaînent alors sans temps mort sur ce qui aurait dû être la dernière bombe de la soirée, "Radio"... Cette conclusion aurait dû être génialissime, mais c'était sans compter sur l'apparition de Davey Havok, chanteur de AFI, et de sa voix à l'opposé de celle de Tim Armstrong. Le gugus saute dans tous les sens, monopolise la scène et le micro, au grand damne des fans de Rancid ! L'énergie est bel et bien présente sur scène, mais ce final restera un petit peu en travers de la gorge de la plupart des rancidiens. Un concert de sifflet s'improvise alors dans la fosse et achève le show des californiens, avant que les enceintes ne crachent à nouveau du grand Social Distortion... Certainement pas le meilleur concert de Rancid, mais un très grand moment de bonheur en face de ce groupe beaucoup trop rare sur les scènes françaises ! En espérant croiser un Tim Armstrong en meilleure forme la prochaine fois...

<#>

Compte-rendu : Seb Ronjon / Photos : Léonard - Octobre 2003