Accueil du portail Zicazic.com


Zicazic on Twitter. Zicazic on Facebook.

Flux RSS ZICAZINE

Qu'est-ce que c'est ?




Accueil arrow ROYAL REPUBLIC

> MENU
 Accueil
 ----------------
 Chroniques CD's
 Concerts
 Interviews
 Dossiers
 ----------------

ROYAL REPUBLIC pdf print E-mail
Ecrit par Yann Charles  
mardi, 18 juin 2019
 

ROYAL REPUBLIC

https://www.royalrepublic.net/

Royal Republic, le groupe suédois, tient une place à part dans le monde du rock. Original, créatif, le gang de Malmö, loin des clichés metal des groupes du Nord de l'Europe, offre un rock puissant, festif et coloré. Un véritable plaisir de les retrouver sur scène. Et leur dernier album, « Club Majesty », qui flirte avec le disco, n'a pas fini de vous surprendre. Une rencontre avec Adam Grahn, le chanteur guitariste, en collaboration avec Jérôme de Music Wave nous en apprend encore plus.

Parlons de votre dernier album, « Club Majesty » ! Vous êtes un groupe de rock suédois. On chroniqué beaucoup de groupes suédois, dans le metal progressif, le death metal, le metal mélodique … Mais c’est rare que l’on ait des groupes de rock suédois. Comment êtes-vous parvenus à jouer cette musique ? Est-ce facile de s’en sortir quand on fait du rock avec un côté disco et que l’on vient de Suède ?
Je pense vraiment qu’on a toujours eu ce côté disco dans notre ADN, depuis la création du groupe. Sur des morceaux comme « Tommy-Gun » et « Full Steam Spacemachine », sur notre premier album, il y avait cette vibe disco. On veut jouer une musique qui n’a pas de limite ni de genre. Je crois que je vais faire une longue réponse mais je vais essayer de la faire courte ! Quand on a sorti notre premier album, on n’était un groupe que depuis un an. Ça n’aurait pas été raisonnable de dire qu’en un an, on avait trouvé notre véritable identité à ce moment-là. On ressemblait aux groupes qui nous influençaient, plus qu’à Royal Republic je dirais.

Vous avez évolué à chaque album. Avec celui-là, on dirait que vous avez vraiment trouvé votre identité. Tu le penses aussi ?
C’est le sentiment que l’on a tous, oui. « When I See You Dance With Another », sur l’album précédent, a été le morceau qui nous a révélés. Il y avait aussi le morceau « Baby », qu’on ne considérait pas comme un excellent morceau, mais qui est celui qui a le plus marché finalement. On a toujours eu les mêmes influences. Maintenant, on a la confiance et l’expérience qu’il nous fallait pour ne plus nous cacher et pour utiliser tous les outils qui sont en notre possession pour jouer la musique que l’on aime. On n’a pas fait cet album pour passer à la radio. On fait de la musique parce qu’on aime ça, et c’est nous qui choisissons à quoi ressemble Royal Republic. « Full Steam Spacemachine », sur le premier album, est un bon exemple. A l’époque, le riff de la chanson était différent de ce que l’on faisait. Ça sortait des sentiers battus. Aujourd’hui, on ne peut pas penser à Royal Republic sans faire le lien avec cette chanson. On a un répertoire large. Sur cet album, on voit que tous les styles fonctionnent. Certains groupes auraient dit : "attention à ne pas aller trop loin !". Mais nous, on aime ça. On a mis du saxophone, des gros refrains, un son des années 80. J’aime être généreux sur le plan vocal et m’éclater au chant. C’est la clé, et je pense que la tournée de « Weekend Man » nous a beaucoup aidés en ce sens. Ça a été un sommet dans notre carrière.

Comment avez-vous procédé pour écrire ce nouvel album, « Club Majesty » ? Qu’y a-t-il de plus dans ce nouvel album par rapport au précédent ?
De la diversité. Il y en a aussi sur « Weekend Man », avec des titres comme « Any Given Sunday », « American Dream », « Follow The Sun » ou « Baby ». Sur cet album, je pense que c’est à la fois plus diversifié et plus homogène, paradoxalement.

Est-ce vrai que Club Majesty devait être le nom du groupe à la base ?
C’est vrai. On avait pensé à Club Majesty, King Average et Royal Republic. On avait trois options. Après avoir écrit quatre ou cinq chansons qui se sont retrouvées sur le dernier album, on a vu la couleur et la direction qu’allait prendre cet album. Ça avait plus une allure de dancefloor que de concert de rock. Donc on a voulu trouver à ce disque un nom de discothèque. L’un de nous, je ne sais plus qui, a alors mis le nom de Club Majesty sur la table. On a validé son idée. Notre directeur artistique était partant aussi et a eu des premières idées pour la pochette.

Comme tu l’as dit, cet album est varié. Il y a du funk, du disco, de la pop des années 80, du rock des années 60 et 70, de l’electro, du new wave … Avec tous ces styles, j’imagine que ça n’a pas été chose aisée de faire émerger un single qui puisse représenter l’album ! « Fireman & Dancer » est le premier single paru en mars. Pensez-vous que ce morceau représente bien l’album ?
Complètement. C’est la chanson de référence, comme « When I See You Dance With Another » l’était sur l’album précédent. Je crois que c’est la première démo que l’on a terminée. C’est un morceau qui capte bien l’essence de Royal Republic avec l’énergie qui nous caractérise. Pour moi, c’est la représentation parfaite de « Club Majesty ».

Le premier clip est justement celui de « Fireman & Dancer ». Ce morceau est-il un hommage à Village People ?
Non.

Est-ce que tu comprends pourquoi je te pose cette question ?
Oui, absolument ! Je vois une certaine ressemblance, mais ce n’est pas quelque chose que l’on recherchait quand on a écrit le morceau.
 
Dans ta voix, sur ce morceau et surtout sur le refrain de « Boomerang », je trouve qu’il y a une ressemblance avec Electric Light Orchestra. Est-ce un groupe que vous aimez ?
Le chant sur ce refrain a déjà été utilisé dans 10 000 chansons. Des fois, les gens font des comparaisons entre nos morceaux et ceux d’artistes différents. Parfois, je me fais une liste de chansons à écouter pour essayer de trouver de nouvelles idées. Et cela ne concerne le rock que très rarement.

Mais pour moi, faire une comparaison entre vos morceaux et ceux d’autres groupes, ce n’est pas une mauvaise chose ! C’était plus un clin d’œil qu’autre chose. Je n’ai pas voulu dire que vous avez cherché à copier Electric Light Orchestra.
Oui, bien sûr ! En revanche, il nous arrive de rendre des hommages de manière délibérée. On peut faire un clin d’œil à tel artiste, tel groupe ou telle chanson. Mais en général, quand on cherche des idées, c’est très rarement dans le domaine du rock. J’écoute plus du jazz, du classique, du funk comme Earth Wind & Fire, pas tant au niveau des mélodies, mais plus au niveau du feeling, du groove. Parfois, on nous pose des questions chanson après chanson, mais on ne veut plus faire ça car on ne sait jamais quoi dire sur une chanson en particulier. Par exemple on nous demande : "Comment te sentais-tu quand tu as écrit les paroles de tel morceau ?". En réalité, les paroles, c’est de la merde ! Elles ne veulent rien dire ! Il n’y a pas de feeling à l’intérieur ! Le feeling vient de la musique en elle-même. C’est là que se trouve toute l’énergie. Écrire les paroles ne me donne pas de feeling.

Qu’en est-il de l’influence de la vieille scène rock’n’roll dans votre musique ? C’est une influence pour vous ou pas du tout ?
Que veux-tu dire par vieille scène rock’n’roll ? J’ai du mal avec tous ces termes. Des fois, les gens me demandent ce que je pense du neo-post-modern rock. Mais qu’est-ce que ça veut dire ? Il faut me donner des noms de groupes, et je te dirai si on est influencés par eux. Sinon, je ne sais pas ce que ça veut dire. Je n’ai jamais été bon pour identifier des genres musicaux. Les gens disent qu’on joue du rock, du rock’n’roll, du punk rock, du punk, du rock emo…

Serais-tu d’accord pour dire que vous avez créé le disco rock ?
Je ne sais pas, je ne pense que l’on ait créé un nouveau style. Je dirais plus que l’on a étendu notre propre style. Je ne sais pas comment l’appeler mais je ne dirais pas qu’on est les pionniers de ce style. Si les gens ont besoin de savoir quel est le genre que l’on joue, comme si on collait une étiquette sur un produit, ça ne me pose pas de problème. Mais pour moi, notre musique n’a pas de frontières.

Les morceaux « Flower Power Madness » et « Blunt Force Trauma » me rappellent Nile Rodgers. C’est la raison pour laquelle je pense que vous avez créé le disco rock. Cela donne quelque chose de nouveau.
(Rires) Je ne sais pas, tu n’as pas tort ! Le dernier journaliste qui nous a interviewés a dit que « Flower Power Madness » ressemblait à un mélange de Barry White et de Franz Ferdinand ! Bien sûr, pourquoi pas ! Ça fait très cucul de dire ça, mais on ne fait que suivre ce que notre cœur nous dit.

Tu n’aimes pas mettre des étiquettes sur les genres musicaux, et cela se sent car depuis le début de votre carrière, votre musique a évolué pour passer d’un style post-punk à un style disco-funk-garage rock. Est-ce que ce ne serait pas un peu pour cacher vos ambitions ? Ou est-ce vraiment une volonté de vous renouveler ? Allez-vous encore continuer d’évoluer ?
Je ne saurais pas te le dire. Il n’y a pas de règle écrite qui dit ce que l’on peut faire et ce que l’on ne peut pas faire. Peut-être que le prochain album sera très similaire à « Club Majesty », ou peut-être pas, je n’en ai aucune idée à ce stade-là. On aime jouer des chansons sans se mettre de barrières. On s’autorise à emprunter tous les chemins possibles. Malgré tout, j’ai le sentiment qu’on joue une musique cohérente. On fait très souvent référence aux Beatles qui ont écrit à la fois « Yesterday » et « Helter Skelter », qui sont deux chansons très différentes écrites et jouées par les mêmes personnes. Quand ils ont sorti « Helter Skelter », personne n’a dit : "je croyais que c’était un groupe acoustique ! ". Fermez-là ! C’est juste de la bonne musique ! Imaginez-vous si les Beatles n’avaient pas cherché à traverser les frontières musicales !

Pour résumer, on pourrait dire que l’étiquette de Royal Republic est celle d’un groupe qui n’a pas de frontières ?
Royal Republic, c’est de la musique.

Certains musiciens disent qu’il leur est beaucoup plus difficile d’écrire des chansons courtes et gaies que des chansons longues et plus tristes. Qu’en pensez-vous, vous qui écrivez des chansons courtes et enthousiastes avec réussite ?
Merci ! Je pense que ça dépend. Certains disent que si tu es triste, cela peut te donner une grande inspiration. Je pense que c’est vrai pour ces gens-là. De mon côté, je n’arrive pas à écrire quand je ne me sens pas bien. Avec ce groupe, il faut que je sois dans un état d’esprit du vendredi soir ! Pour moi, le plus difficile, c’est d’écrire une chanson simple. C’est comme s’il fallait faire une peinture magnifique avec une seule couleur. C’est compliqué. Quand on se réunit avec des idées de chansons sympas, on essaye de les ramener à leur forme la plus simple, et ça prend du temps. Ça peut prendre des mois pour trouver une note ! Le riff de « Fireman & Dancer » par exemple, je crois que j’ai 200 versions de cette chanson ! Allez, disons 100 ! Il y a beaucoup de versions avec des riffs différents.
 
Au final, es-tu sûr que la dernière version est la bonne ? Ou est-ce que vous avez jeté votre dévolu sur une version en particulier car il fallait bien prendre une décision ?
On est satisfaits de la version retenue car on s’y est habitués. Je sais que c’est la bonne version car j’ai pu dormir le soir. Si je quitte le studio et que je ne suis pas satisfait, je n’arrête pas d’y penser. C’est comme quand tu as oublié quelque chose et que ça te préoccupe. Tu n’as qu’une envie c’est de retourner en studio et de finir le travail. Ça se passe environ 11 fois par album !

Le morceau « Like A Lover » incarne un côté heavy et a une place centrale dans l’album, un peu comme « Full Steam Spacemachine » occupait une place centrale dans « We Are The Royal ». Est-ce que ce titre vise à montrer que vous n’êtes pas qu’une bande de mecs contents et que vous avez une part sombre en vous ?
Je pense que tout le monde a un côté sombre en lui. Dans nos albums, on arrive souvent à un stade où on a beaucoup de chansons très énergiques. A un certain moment de l’album, tu as besoin d’un morceau qui te fasse respirer pour faire baisser toute cette énergie. A la base, « Like A Lover » était dans une veine disco, mais j’ai pensé que ce serait intéressant d’essayer une nouvelle approche pour qu’elle trouve sa place dans l’album. J’ai essayé cette idée, et ça a très bien marché. Elle est un peu différente du reste de l’album, je le reconnais, mais ça marche bien avec le reste de l’album.

Vous avez joué au Cabaret Sauvage à Paris en 2017 et au festival Download en 2018. Est-ce que tu préfères les scènes intimistes comme le Cabaret Sauvage ou au contraire, préfères-tu les grosses scènes ?
Le Cabaret Sauvage était un très bon concert. C’était complet, il faisait chaud, on était près du public. Ce genre de concerts permet d’avoir une certaine proximité avec le public. Au Download, je ne pourrais pas sauter dans la foule depuis la scène. Les deux ont leurs avantages. Je dirais que je préfère les salles qui accueillent jusqu’à 500 personnes. Quand tu joues sur des très grosses scènes comme dans des festivals, il te faut une super production avec un écran car les gens ne te voient pas, et c’est très dur de te connecter à eux.

Maintenant que vous êtes connus, penses-tu que vous pourriez rejouer au Cabaret Sauvage ? Vous allez de toute manière retourner jouer en France !
Oui, bien sûr ! On revient en décembre à l’Élysée Montmartre. C’est un peu plus gros que la dernière fois, mais je crois que ça va être complet en peu de temps.

On sera là, car cet album est très bien ! Merci beaucoup !
De rien ! (en Français)

Propos recueillis par Yann Charles et Jérôme (http://www.musicwaves.fr)