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WELCOME X pdf print E-mail
Ecrit par Yann Charles  
jeudi, 21 mars 2019
 

WELCOME X

https://www.facebook.com/WelcomeXOfficial/

Un groupe au nom étrange Welcome X. Une réunion d'excellents musiciens autour de Philippe Bussonnet, bassiste de Magma, et Sam Küm, chanteur mais aussi touche à tout. Un style metal alternatif, avec des touches bluesy et forcément Jazzy. Un album qui peut être déroutant pour certains, mais qui ne laisse pas indifférent. Une rencontre avec Sam Küm à quelques jours de leur concert à Paris au Backstage By The Mill. Un moment important pour eux.

Bonjour Sam !
Salut

Est-ce que tu peux nous présenter Welcome X, le groupe et ce nom mystérieux ?
Welcome X est un projet que l'on a monté avec Philippe, bassiste de Magma. On s'est rencontrés dans des jams dans des bars blues et jazz où je travaillais. On s'est croisés quelques fois et fait quelques jams sur scène et après vers des choses un peu plus metal. Et comme ça a bien accroché on s'est dit qu'il fallait faire un truc ensemble. Donc lui a composé toutes ces musiques-là, et moi j'ai écrit des paroles. Voilà, si je devais mettre une étiquette, je dirais alternative metal avec nos références différentes.

Je pensais metal expérimental peut être aussi ?
Oui, aussi c'est vrai que c'est un peu expérimental également.

Vous venez d'un milieu musical totalement différent pourtant ?
Oui et non. Moi je viens du blues à la base il y a très longtemps, puis je suis parti vers le metal et le hardcore. Et on s'est rencontrés dans les jams où je trainais. Philippe faisait beaucoup de jams aussi de jazz et de fusion. Mais c'est un petit milieu que toutes ces jams et tu as vite fait de rencontrer différentes personnes.

Oui, une rencontre d'accord, mais on en vient comment à enregistrer ensemble ?
Ben dans ce truc-là. A la fin d'une jam on s'est regardés et on s'est dit qu'on se referait bien ça mais en plus dur. Du coup je lui ai envoyé des trucs genre Messugah ou Opeth qu'il connaissait déjà pour avoir tourné avec eux avec Magma. Il écoutait déjà un peu de cette musique. Et du coup, on est partis dans cette direction-là : un style plus dur.

Et de ton côté, tu écoutais ou écoute aussi du jazz fusion, expérimental ou classique ?
J'écoutais un peu genre Coltrane par exemple. J'aime bien Magma et pas mal de truc jazz prog. Disons que ce n'est pas ma sensibilité première. J'ai vite envie de réécouter du death tu vois (Rires).

Les autres musiciens avec qui vous jouez, je pense à Jo Champ par exemple, viennent eux aussi de milieux différents. Comment les avez-vous recrutés ?
Toujours dans les mêmes conditions. Des rencontres au travers de jams dans les clubs et les bars. A jouer du Hendrix ou du Buddy Guy. On est potes depuis longtemps et on avait cette sensibilité blues. Et tu l'entends dans Welcome X cette patte, cette touche bluesy qu'il amène. Sa couleur musicale était vraiment très intéressante. Et puis c'est lui qui s'est proposé. Il avait vraiment envie de participer au projet. Ensuite on a Tom, qui lui est dans la musique depuis tout petit. Il est musicien professionnel, musicien de session. Il voulait faire son propre groupe dans un style pur metal. Metal dur même. Et donc les deux finalement sont complémentaires et apportent une couleur particulière à l'album.

Alors, y a un truc bizarre : le premier live report de Welcome X a été fait par Jazz Magazine ...
Oui, pour nous aussi. Quand on a reçu la demande de Jazz Magazine, on lui a bien dit qu'on n’était pas du tout jazz. Forcément, il y avait l'étiquette Magma derrière. Mais il est venu quand même, il est très ouvert le gars, et il a pris une bonne baffe (Rires). Mais il a fait un report qui correspond à sa sensibilité, et même si il a été étonné de notre look sur scène, des guitares hyper fortes, il n'a pas regretté d'être venu. Et puis c'est l'essence du groupe que d'accueillir tout le monde, le Welcome X.

Dans la salle, pour ce concert là, ça devrait être bizarre les spectateurs, ce mélange de fan de jazz via Magma et les fans de metal ?
J'avoue que c'était très étrange. Comme on jouait dans un club de jazz, les gens étaient assis. Et je ne suis pas habitué à ça !! (Rires) Pour le hardcore, même en salle, ça bouge partout et ça slame.

Pour Philippe, qu'est qui l'a fait venir vers le metal ?
Eh bien, c'est parce qu'il en écoute tout simplement. Et pas que depuis que l'on s'est rencontrés !! Le jazz est un milieu à part, élitiste parfois, précis par rapport à la musique. Quand tu fais de la musique pour le plaisir, c'est plus dans le rock que tu peux l'avoir, où tu peux te lâcher plus facilement.

C'est bien car les musiciens de jazz ont la réputation d'être élitistes.
Oui, mais pas lui. Il a très vite capté l'âme de la musique metal, et à travers ce qu'il connaissait et ce que je lui ai fait découvrir, il a aimé et pigé direct ce style et il s'y retrouve un peu.

On a vu Magma au Hellfest, Welcome X au Festival de Jazz de Nice ?
(Rires) Ben, j'ai envie de te dire pourquoi pas, Welcome X (Rires). On a quand même l'avantage de pouvoir adapter notre set. Ce sont tous des zicos d'exception et pas de souci pour adopter un style très dur pour les festivals metal ou très smooth pour les festivals prog ou jazz. Mais bon, nous, notre plaisir c'est de faire quand même du metal et un public metal. Mais on ne ferme aucune porte.

On parle des textes. Beaucoup d'humanité dans les chansons, des textes forts, et ce texte de Jack London. C'est pour moi le morceau le plus expérimental de l'album.
C'est bien que tu l'ais remarqué, car c'est le seul morceau qui n'a pas été composé avant de rentrer en studio. On avait la structure du morceau, mais c'est quand on est entrés en studio que j'ai posé le texte. C'était quasiment en One Shot. On a enregistré live et on ne savait pas ce que les guitares allaient faire, ce que le chant allait faire. Il fallait cette part d'impro. C'est bien que tu l'ais remarqué. On s'est un peu approprié ce texte de London. Pour tout avouer, on a pris ce texte car j'aurais aimé l'écrire !!! (Rires)

Tu as dit tout à l'heure que vous avez tout écrit avec Philippe, je parle textes et musique, mais est-ce que vous avez laissé une part d'impro justement aux autres musiciens, ou il fallait qu'ils jouent à la note ce que vous aviez écrit ?
La musique avait une structure déjà bien définie. Philippe tu te doutes a cadré et bordé tout ça. Mais comme nous avons enregistré en condition live, tu entends sur certains morceaux Jo par exemple avec ces petits côtés impro blues. Donc tout était écrit, mais on a laissé une certaine liberté d'interprétation aux musiciens.

Faut dire qu'avec de tels mecs, il fallait profiter de leur talent !
Oui, exactement. Ce n'est pas une prise de risque, mais plutôt prendre du plaisir.

On parle un peu des textes. C'est quoi l'inspiration ? Des ressentis, des sensations ?
C'est un peu tout ça. Dans mes textes j'essaie de laisser des clés pour que chacun puisse l'interpréter comme bon lui semble. Je ne veux pas donner de leçon ou passer un message. C'est juste un point de vue et un ressenti.

Généralement, les groupes font la musique et ensuite les textes, mais toi comme tu écrivais déjà avant pour toi et d'autres, tu en avais déjà qui étaient prêts et écrits ?
Non. En fait on travaille uniquement tous les deux. Il m'envoie la musique qu'il a fait. Souvent des squelettes qu'on retravaille et redéfinit ensemble. J'écris, on maquette tous les deux, et ensuite on propose au groupe. Aux guitares, puis au batteur, et ensuite on développe autour de ça.

Chacun peut apporter une touche personnelle ?
Oui, oui bien sûr. Mais sur la structure même de la chanson, c'est Philippe et moi. Mais c'est des gars qui savent improviser et prendre des parties ou des petites parties de tout ça.

On passe par plusieurs phases dans cet album. On commence très puissant, qui sonne un peu à la Rage Against, puis par la suite, la musique devient plus lourde, plus pesante, et même jusqu'au mystique …
Oui, c'est vrai. En fait il y a eu des fois, on était tellement dans notre truc qu'on se laissait aller, sans vraiment savoir dans quel style on allait évoluer. C'est le morceau qui se créait lui-même presque !!

C'est pour ça que les morceaux sont longs ?
Oui, exact. Et dis-toi qu'on les a réduits !! (Rires) Plus tard on ira peut être vers des morceaux plus courts, mais là, on a besoin qu'ils s'expriment, qu'ils se développent.

Parfois même dans les morceaux, on change totalement de style …
Oui, sur certains morceaux, les structures même changent.

C'est un peu déroutant non ?
A la première écoute peut être. Quand j'écoute, je vois où il veut aller, mais je me dis qu'il prend des chemins assez tordus !! Des trucs auxquels tu t'attendais pas du tout, un peu comme tu peux avoir dans Tool, ou Messugah. Et moi j'aime bien ce côté pas défini.

Si pour vous c'est déroutant, alors pour vos fans, ça doit l'être encore plus ?
Même pour nous, des fois, on les redécouvre alors qu'on les a joués souvent. Tu te demandes comment il a pu composer ça.

Vous avez plusieurs dates déjà prévues. Welcome X est un groupe et non une formation juste pour quelques One Shot ?
Non. Le but est de jouer le plus possible. On a presque notre second album dans la boîte. Des idées précises pour le troisième. Mais nous, on est d'abord taillés pour le live. Le studio est un peu un passage obligatoire, mais c'est un projet à long terme et viable. On est un groupe. Et j'espère que je ferais encore ça dans 25 ans (Rires).

Tu pourrais définir Welcome X en deux ou trois mots ?
Je dirais : Déroutant, Mélodique et Voyage.

Dernière question. C'est quoi le dernier morceau que tu as écouté ?
Là  ? En venant ? Le dernier album d’Inter Arma qui doit sortir en avril. Ça va être génial.Et Clutch. Clutch le matin, ça me met en joie.

Merci Sam pour cette interview.
Merci à toi Yann !

Propos recueillis par Yann Charles