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ASAF AVIDAN - TOURNEE « DIFFERENT PULSES » 2013 pdf print E-mail
Ecrit par Bruno Migliano  
lundi, 10 février 2014
 

ASAF AVIDAN
TOURNEE « DIFFERENT PULSES »

http://www.asafavidanmusic.com   

Retrouvez toutes les photos de Bruno Migliano sur http://www.brunomigliano.com/ 

Retour sur l'année 2013 et des artistes qui ont marqué cette période de notre vie, ou plutôt sur un artiste, Asaf Avidan. Bien sûr, il y a eu ce fameux Remix par l'allemand Wankelmut de « Reckonning Song » qui s'est transformé en « One Day ». Ce petit coup de pouce comme certains peuvent le dire n'a fait qu'élargir un public déjà très bien fourni. Je connais Asaf Avidan depuis ce jour où il est arrivé et que personne ne le connaissait, des petites salles avec pas grand monde, des premières parties et quelques mois plus tard Les Nuits de l'Alligator, est là le délire, salle comble et tout s'enchaîne. 

Bref, ça c'était pour le début de l'histoire. L'artiste a un vrai talent, certes il y a cette voix particulière, c'est ce que l’on retient tous à la première rencontre. Quand on connait mieux l'homme, on perçoit sa sensibilité, on peut la remarquer dans ses textes. Bien sûr il y a le talent musical aussi. On l'a connu avec son groupe les Mojos, une formation électrique, rock, on a tous signé pour ce groupe et voilà que Monsieur décide de partir dans un registre acoustique et en duo avec sa violoncelliste Karni Postel. Cela dit ce tour de magie à deux a été une belle performance. Pendant ce temps Asaf nous préparait un nouvel album dans un registre où on ne l'attendait pas. C'est de cette alchimie, l’album « Different Pulses » et donc de ce retour de « One Day » puisqu'il faut l'appeler comme cela pour le moment que va voir le jour une tournée gigantesque. Une année de fou. Une année à écumer salles de concert et festivals. 

A commencer par l'émission de ce cher Nagui, Taratata. Une journée marathon, longue et dure, en plein hiver. L'accueil est chaleureux, il sera le point d'orgue de l'émission, il y jouera en rappel Le morceau. Les émissions se succèdent, les concerts et showcases presque privés du Mouv et de la FNAC sont sold out, on y refuse du monde. Un premier détour au Benelux. Le Melkwerg à Amsterdam derrière le Paradiso, on y reviendra plus tard. Un gros Tour Bus garé devant la salle nous fait dire qu'il ne sera pas seul ce soir, et vu la taille du bus il doit y avoir du lourd. Et tiens, qui joue le même soir que Asaf Avidan mais dans la petite salle, M. Bon honnêtement je ne suis pas allé voir mais … Ce soir là, Asaf fêtera ses 33 ans sur scène avec l’arrivée d’un gâteau au beau milieu du set qui marquera l’événement. Les Hollandais, gens du nord, ont bravé le froid qu'ils connaissent si bien. Ils ont bien eu raison car sur scène la rock star est présente et bien présente. 

L'album « Different Pulses » quand on l'écoute sur une platine, on se dit qu'il est bien, on aime ou on n'aime pas, mais on a envie de voir ce que cela donne sur scène. La manière dont la set list est constituée, elle changera quelque peu au cours de la tournée, emmène le public dès les premières notes, dès les premières paroles. C'est avec « Cyclamen » les premières vocalises que les têtes vont chavirer. La machine est en marche et ça sera ainsi à chaque concert. Bruxelles et sa salle l’Ancienne Belgique, on se croirait plus dans un hall de gare qu’une salle de concert. Le set va s’enclencher tout doucement, avec « Cyclamen » suivi de « Gomorrah » et de « Different Pulses » histoire que le public s’installe dans un refuge douillet. Car si dehors le thermomètre affiche toujours des degrés Celsius proches du zéro, Asaf Avidan et son groupe vont faire monter la température intérieure de l’AB à coup de « This Cool » ou de « Beggar ». L'hiver est rude. Les ITWs (interviews), les conférences de presse mettent à l'épreuve la voix. Fragile. Il faut la ménager. 

De retour en France. La Nef d'Angoulême. Cette ancienne poudrière située à l'entrée de la ville accueille le groupe et son artiste malgré une inflammation des cordes vocales. En maitrisant prudemment l'instrument Asaf va quand même assurer ce soir là. Il en sera de même le lendemain au Bikini à Toulouse car évidement les shows se suivent. Le Bikini est un passage obligé pour un artiste de cette carrure internationale. Une épreuve. Car ici on aime bien les groupes qui en ont. Dans l'ancien Bikini qui n'a pas sauté dans cette piscine qui vous tendait les bras. Or ce soir pas question de plonger dedans, même tout habillé comme certains le faisaient. 

Bref, ce soir pas de piscine pour Asaf. Il va surfer sur la vague toulousaine venue le transporter. Bien entouré, des musiciens hors pair, Dany Zeitune guitare - basse, Hagai Fershtman batterie, Liron "Flora" Meshulam piano - synthés et Michal Bashiri sa compagne aux percussions, tous vont soutenir leur leader et lui de protéger cette voix. Car sans voix, pas d'Asaf. Il réussira à passer l'épreuve. En guise de remerciement ils seront cocoonés par le maître des lieux, Hervé, un repas pantagruélique, de bonnes pièces de bœufs pour les uns et du tofu pour les autres.

De retour sur la capitale pour un concert exceptionnel à l'Olympia, son premier. Eh oui car devant cette frénésie grandissante pour l'artiste on est bien obligé de constater que tout le monde ne pourra voir le prodige sur scène, tout au plus sur scène à Paris. Il a donc été décidé de rajouter des dates, deux Olympia en septembre. Avant cela, impossible de trouver une place. Cet Olympia là sera une vraie claque. Il le prendra à bras le corps. Devant ce public venu en masse, il va se nourrir de cette aura qui plane dans cette salle où tant de légendes du rock ont foulé ces planches mythiques. Une rock star est-elle née ? On n'en sait rien, toujours est-il l'énergie qu’Asaf Avidan envoie au public lui revient comme un boomerang à 100 à l'heure. L'heure aussi de recevoir sa première récompense, en backstage lui sera remis son premier disque de platine en France et ceci juste quelques mois après sa sortie. Un record. 

Vient l'été et tous ces festivals, en premier lieu Solidays, incontournable dans la capitale. Cela fleur bon l'air de fête ici. Le village des artistes est installé sous les platanes-mûriers, des hamacs vous accueillent volontiers pour un petit repos, peut être mérité, si les pongistes vous laissent tranquille. Ca fourmille de toutes parts, les conférences de presse, les ITWs, etc. Enfin, il faut se préparer, Macéo Parker vient de finir son show. Asaf Avidan et son groupe se pressent au bord de la scène. Juste avant sa prestation il y a le traditionnel "lay down" qui rend hommage au million de personnes mortes du SIDA. Sa performance sera d'une extrême générosité allant au devant du public tendant le micro pour faire entonner quelques refrains. Pas de rappel le timing est implacable. 

On se retrouve à Cognac Blues Passions. Michel Rolland avait eu la riche idée de le programmer. Traditionnellement la première journée du festival s'ouvre sur l'Ile Madame de Jarnac. L'organisation n'est pas confiante, le temps menace. On a beau être au mois de juillet il y a aussi des jours de pluies, et c'en est un. Bref, les « Lighting 3 » ont chauffé la place. Une éclaircie permettra à Asaf Avidan et son groupe de jouer sereinement. 

Le tour de France continue par un stop aux Déferlantes d'Argelès. C’est sur le site du Château de Valmy avec sa vue magnifique sur la mer qu’aura lieu comme chaque année le festival. Deux scènes quasi côte à côte permettent un changement de plateau efficace. C'est dans une chaleur torride que le show va se dérouler, notre astre préféré se défonce à nous brûler le cuir. La même énergie s'empare de l'artiste, lui aussi brûle les calories. Avec une set list qui ne laisse pratiquement pas de temps mort, intercalant les moments forts du rock bien lourd, « Jet Plane » par exemple, et des titres aux couleurs chaudes et graves comme celles de « A Gun & A Choice » ou « Hoist Up the Colors » qui vous mettent des vibrations dans tout le corps et vous incitent à danser. 

On the road again, direction un autre point du sud de la France. Un site prestigieux. Le Pont du Gard, une merveille de l'architecture romaine. Un héritage que l'on doit préserver et faire profiter. Et c'est justement dans cet endroit qu'aura lieu le festival Lives au Pont. Et toujours cette chaleur qui vous écrase. L’arrivée d'Asaf Avidan en limousine noire aux vitres teintées, pantalon noir tenu par de fines bretelles, marcel blanc, on le croirait sorti d'un film policier de série B. Face à lui un public venu en famille, le site s'y prête bien avec le Gardon qui se laisse aller à quelques mètres de la scène. Par moment une petite brise accompagne une jolie mélodie telle que « Weak », c'est presque le paradis sur terre. 

D’ailleurs cela vaut une petite histoire fort gentille pour Mickey. Il semblerait que Asaf l’ait envoyé quelque part dans les Andes rencontrer un éminent professeur pour lui apprendre le maniement du Güiro. Le résultat est étonnant et fascinant ... Les titres défilent et nous arrivons presque à la fin du concert. On avance un tabouret de bar, guitare sèche à la main et aux premières notes, explosion de joie du public. Le « One Day », même remanié légèrement, est reconnaissable entre tous. Un rappel avec « Hangwoman » et le tour est joué pour le Pont. Pour un 12 juillet ce fût un 14 … artifice au Pont. 

La rentrée et sa Fête de l'Huma. Je dirais comme d'habitude, il pleut, des trombes d'eau. Malgré ce désagrément, Asaf va s'employer à rendre une copie digne d'un grand, n'hésitant pas, et là jeu de mot ou pas, il va mouiller sa chemise. Comment faire autrement quand des centaines de milliers de personnes ont fait le déplacement pour voir ce phénomène interplanétaire ? L'étape suivante du tour nous ramène aux Pays-Bas, au Paradiso, ancienne église d'Amsterdam bâtie entre 1879-1880. Depuis 1968 transformée en un lieu culturel, salle de concert, leur Olympia à eux. Endroit atypique donc, le décor est évidement religieux. Les vitraux derrière la scène donnent une atmosphère particulière à cette salle. On y est proche du public et ce n'est pas pour déplaire à Asaf. Endroit magique pour concert inoubliable. 

Retour chez nous les Gaulois après les Bataves. Direction le sud. Ah ! Le sud, Marseille et « ses » Marseillaises loufoques qui balancent n’importent quoi, elles se prennent pour des Madona et même pas une culotte à balancer. Bref, le Silo, c'est là que le groupe a posé ses valises. Le Silo est plein comme toutes les autres salles. Une première partie assurée par Rona Kenan qui a rejoint Asaf et sa bande dès les premiers concerts de l'année suite aux départs des deux filles Karni Postel et de … Je ne me souviens plus de son nom, désolé, pour cause de maternité. Donc Rona assure les premières parties d'Asaf Avidan, guitariste et chanteuse de talent, elle aussi est un vrai régal, on en reparlera j’en suis sûr. La salle surchauffée, le public marseillais est prêt à recevoir son dû. En deux temps trois mouvements il n'en faut pas plus pour le dire et pour ainsi plier une affaire acquise à sa cause. Le show d'Asaf ne s'arrête pas à un spectacle standard. Il l’est aussi dans une approche philosophique de la vie. Et que diriez-vous de sa maîtrise de la physique, tenez quand il vous certifie qu'un millionième de seconde en l'air permet à la terre d'être plus légère. Enfin, tout ça est histoire d'esprit mais quand on voit tous ces gens en suspension on se dit que d'un coup on se sent plus léger. 

Cette légèreté va nous mener jusqu'au point d'orgue de la tournée. Un sacré pari de la production. Chez Gérard Drouot Production on aime bien relever les défis. Pour le coup celui-ci est énorme, un Zénith à Paris. Certes il y aura eu Nantes, Montpellier et trois Olympia, mais le Zénith à Paris, il fallait oser. Le rendez-vous est donc pris pour cette date du mois d'octobre qui mettra fin à cette tournée marathonienne. On ne déroge pas à la règle, la set list sera ainsi faite, « Cyclamen » ouvrira le bal suivi du titre phare de l'album, « Different Pulses ». Les tambours de Hagai aux sons d'une marche militaire résonnent dans le Zénith parisien, les notes graves rondes et claires du synthé de Flora accentuent cette atmosphère pesante mais pleine d'espoir. Les lumières chaudes sont ajustées pour les envelopper comme si on cherchait à les protéger. A noter le remarquable travail des ingés son Ronen Hajaj pour la façade et Omer Sifrony aux retours, et Ronen pour le Design des lumières. Derrière « A Gun & A Choice » un petit détour vers quelques titres des précédentes galettes « This Cool », « Beggar », « Got It ». Retour sur l'album en question avec « 613 », son thème aux sonorités orientales donne résolument envie de danser, le public aime ces arabesques musicales. 

Le spectacle d'Asaf est à l'image du bonhomme, un vagabond qui déambule dans un univers de romantisme et de douleur transporté par des balades mélodieuses « Maybe You Are » avant LE « Reckoning Song ». Nous aurons encore l'occasion d'entendre pour la dernière fois de cette tournée la merveilleuse voix de Liron "Flora" Meshulam sur « Small Change Girl », un moment suspendu dans le temps, quelle voix cristalline !! Chaque soir le public en reste sans voix ... bon d'accord c'était facile à faire. Le show se terminera selon la set list sur le « Reckoning Song » ou « One Day » pour ceux qui ont suivi la version remixée et pour le grand plaisir de tous. Evidement on ne peut se dire que c'est fini on en veut encore, du rab svp. 

Ce sont les trois garçons qui vont se charger de clore cette fabuleuse et merveilleuse tournée. Tout d'abord avec un « Leave It or Love It » excellent, enivrant et pour finir la petite apesanteur du soir. Asaf demandant au public de s'élever dans les airs, et ça marche. Un truc de fou, le Zénith en tremble encore, les poils sont dressés. Là il y a vraiment du Led Zepp dans l’air, un final explosif. Les lumières nous baignent d'un blanc intense, la guitare sature, Ex Lion Tamer envoie le bois sur ses fûts tandis que Dan Zeitune et sa basse martèlent le rythme. Ils se lâchent. Tous deux vont monter sur la batterie de Hagai « Ex Lion Tamer » et commencer à la dézinguer. C’est dans un dernier sursaut qu'ils vont tout balancer, la Délivrance … Une tournée s'achève. Une autre se prépare. 

Bruno Migliano – février 2014